Le bitcoin s'est replacé juste sous 84 000 dollars dans la nuit de mardi à mercredi, en hausse de 1,5 % sur vingt-quatre heures, selon Journal du Coin. Le signal est venu de New York, pas du marché crypto : John Williams, président de la Fed de New York, a déclaré mardi ne voir aucune nécessité de relever encore les taux en 2027. Dans la nuit précédente, une séance très lourde à la Bourse de Séoul l'avait envoyé à 81 200 dollars. Ce mercredi 14 octobre, l'inflation américaine de septembre, publiée à 14 h 30, doit dire si ce répit tient.
Du 13 au 14 octobre : la séquence
- 2 h, heure de Paris : la Bourse de Séoul ouvre en baisse de 3,1 %.
- 0 h 50 UTC : d'après Unchained, cité par Journal du Coin, le bitcoin touche environ 81 200 dollars, son plus bas de la nuit, moins d'une heure après l'ouverture coréenne.
- Au fil de la séance : le Kospi, principal indice de Séoul, passe sous les 6 000 points et perd plus de 7 % au pire de la journée. Un « sidecar », coupe-circuit qui gèle cinq minutes les ordres des programmes de trading, se déclenche pour la première fois depuis près de deux mois.
- Mardi matin : le bitcoin remonte déjà vers 83 700 dollars, 2 500 dollars au-dessus de son plancher, alors que Séoul recule encore.
- Clôture à Séoul : 6 035,35 points, soit −5,46 % sur la veille, selon la Bourse de Corée relayée par le Korea JoongAng Daily. Samsung Electronics cède 7,39 % à 232 000 wons, SK Hynix 10,09 % à 1,44 million de wons. Les investisseurs étrangers ont vendu pour 4 510 milliards de wons nets, soit 3,35 milliards de dollars.
- Mercredi, 9 h 10 heure de Séoul : le Kospi reprend 1,91 % à 6 150,70 points, Samsung gagne 3,23 % et SK Hynix 2,63 %.
Journal du Coin cite trois motifs : doutes sur les revenus d'OpenAI, fin des rachats d'actions des fabricants coréens et progrès du chinois CXMT dans les puces mémoire. C'était la cinquième baisse d'affilée du Kospi, −13,83 % sur la période.
Ce qu'a dit John Williams
Dans un entretien à Bloomberg, le président de la Fed de New York a jugé une hausse de taux supplémentaire « appropriée » cette année, sans nécessité d'en ajouter une en 2027. Il évoque des « forces désinflationnistes à l'œuvre », un marché du travail qui ne nourrit pas les prix et une pression limitée aux secteurs de l'intelligence artificielle et de l'énergie. Le relèvement de septembre relevait selon lui de la « gestion du risque ».
Les marchés ont surtout retenu la seconde moitié de la phrase. Le dollar a reculé et les taux d'emprunt à long terme ont baissé. D'après CoinDesk, le bitcoin s'échangeait juste sous 83 900 dollars mercredi matin en Asie. Un discours ne fait toutefois pas une politique : jeudi dernier, le gouverneur Christopher Waller jugeait que d'autres hausses seraient probablement nécessaires, tout en restant flexible sur le calendrier.
Taux, actifs risqués et effet de levier
Le bitcoin est sensible au coût de l'argent : quand le marché anticipe des hausses de taux, rendements et dollar montent, deux vents contraires pour les actifs risqués. Journal du Coin rappelle la chaîne : un pétrole cher nourrit l'inflation, donc les hausses de taux, donc la pression sur ces actifs. Le Brent cotait environ 106 dollars le baril après de nouvelles attaques au Moyen-Orient, et l'indice du dollar restait mardi vers 102,50, son plus haut depuis avril 2025.
Le levier explique la vitesse du mouvement de mardi. Quand un courtier exige des garanties supplémentaires sur des actions achetées à crédit (l'appel de marge), l'investisseur vend ce qui se vend vite, et la crypto cote 24 heures sur 24. Or les particuliers coréens comptent parmi les plus gros détenteurs d'actifs numériques au monde. Tom Lee, président de BitMine, a évoqué sur X des « liquidations sur marge chez les courtiers ». Côté crypto, les plateformes ferment alors de force les positions à crédit trop peu garanties : pour rappel, ces liquidations ont atteint 771 millions de dollars sur 24 heures, dont 685,6 millions de paris haussiers, selon Unchained.
Les ETF bitcoin américains ont enregistré mardi 109,8 millions de dollars d'entrées nettes, dont 103,1 millions pour Fidelity, selon Farside Investors. Depuis le 5 octobre, leurs sorties nettes atteignent toutefois 634 millions de dollars sur sept séances.
Les rendez-vous de ce mercredi
Inflation américaine, 14 h 30. Le Bureau of Labor Statistics publie l'indice des prix à la consommation (CPI) de septembre à 8 h 30 à Washington. Les prévisions publiées divergent, y compris d’un article de Journal du Coin à l’autre. Selon son agenda du jour, investinglive attend +0,6 % sur un mois et 3,6 % sur un an, contre 3,4 % en août, et Schwab retient 3,7 % ; l’inflation de base, hors énergie et alimentation, devrait ralentir à +0,2 % sur le mois et ressortir à 2,5 % sur un an, contre 2,4 %. Un autre article du site évoque un consensus à 3,7 % sur un an et à 2,4 % hors énergie et alimentation ; un troisième prête à InvestingLive une attente d’environ 3,7 % sur un an. Les opérateurs regarderont surtout si la hausse vient de l'énergie ou de l'inflation de base.
Résultats des banques, avant 15 h 30. Bank of America, Morgan Stanley et BlackRock publient leurs comptes du troisième trimestre avant l'ouverture de Wall Street (9 h 30 à New York). D'après Digrin, les estimations tablent sur 1,16 dollar par action et 31,3 milliards de dollars de revenus pour Bank of America, 3,17 dollars pour Morgan Stanley et 14,40 dollars pour BlackRock. BlackRock, qui gère l'ETF bitcoin IBIT, intéresse directement le marché crypto.
Beige Book, 20 h. La Fed publie à 14 h à Washington, soit 20 h à Paris d'après Kiplinger, ce recueil de témoignages d'entreprises de ses douze districts. Seuls Wall Street et le marché crypto pourront encore réagir à cette heure.
Les probabilités pour le 28 octobre. Le CPI d'août avait porté au-dessus de 85 % les chances d'une hausse en septembre, et la Fed l'a votée le 16. Pour la réunion des 27 et 28 octobre, CME FedWatch ne donnait plus, au 13 octobre, que 22,1 % de chances à une nouvelle hausse, contre 42,5 % un mois plus tôt. Le PPI et les ventes au détail suivront jeudi 15 octobre à 14 h 30.




