Klaus Wellershoff, ancien chef économiste d'UBS, lance la fintech suisse Turiq avec deux étudiants en informatique de l'École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Annoncée le 22 octobre 2026 par Startupticker.ch, la plateforme d'intelligence artificielle (IA) aide banques et gérants de fortune à trier l'information de marché et à préparer leurs décisions de placement. Il s'agit d'un lancement : le communiqué ne mentionne aucune levée de fonds.

Les deux cofondateurs étudiants dirigent l'entreprise au quotidien. Ryan Fuchs et Boris Kantor suivent tous deux un bachelor en informatique à l'EPFZ et conduisent désormais Turiq AG sur le plan opérationnel. Ryan Fuchs est directeur général (CEO) et pilote l'entreprise et le produit. Boris Kantor est directeur technique (CTO) et répond de la technologie.

Ce projet arrive après la vente de Zwei Wealth. Klaus Wellershoff avait fondé cette société de conseil en placement avec Patrick Müller il y a douze ans, selon le communiqué. Swiss Life l'a rachetée en 2025. Klaus Wellershoff dirige par ailleurs Wellershoff & Partners, un cabinet de conseil indépendant basé à Zurich qu'il a créé en 2009.

Ce que fait Turiq pour la gestion de fortune

La plateforme relie des informations de marché externes aux analyses et aux données de portefeuille de l'établissement. Elle s'adresse aux bureaux du directeur des placements (CIO) et aux équipes d'investissement. D'après le communiqué, elle doit les aider à :

  • repérer tôt les événements qui comptent pour les marchés ;
  • analyser leurs effets possibles sur les portefeuilles ;
  • préparer plus vite les décisions de placement ;
  • adapter les analyses validées aux conseillers à la clientèle et aux clients finaux.

Les utilisateurs gardent la main sur l'outil, selon l'entreprise. Ils choisissent les sources d'information, fixent les critères de classement et décident de la diffusion des résultats. La responsabilité des décisions de placement et de la communication aux clients reste aux spécialistes concernés.

Turiq ne dépend pas d'un seul modèle d'IA. Selon le principe « Bring your own cloud », la plateforme s'installe dans l'environnement infonuagique que l'établissement utilise déjà. Cela doit faciliter l'intégration aux structures informatiques et de conformité existantes. L'entreprise affirme que les données des clients ne servent pas à entraîner les modèles utilisés.

Klaus Wellershoff fixe une ambition large. « Notre ambition est de créer un système d'exploitation pour le métier du placement, qui transforme en profondeur la communication d'investissement », déclare-t-il dans le communiqué.

Des premiers clients, mais pas de levée de fonds annoncée

Turiq dit avoir déjà gagné ses premiers clients externes. Avant cela, la plateforme a été testée pendant environ un an dans le travail courant de Wellershoff & Partners, puis améliorée au fil de cet usage. Le communiqué ne donne ni le nom ni le nombre de ces clients.

Il faut distinguer ce lancement d'un tour de financement. Le communiqué ne cite aucun montant, aucun investisseur et aucune valorisation. Il précise seulement que l'équipe de développement s'agrandit et que la conquête du marché commence par la Suisse et les pays germanophones voisins.

Du hackathon de Saint-Gall au cabinet zurichois

Turiq est né lors d'un concours de programmation. En septembre 2025, pendant les Swiss AI Weeks à Saint-Gall, Wellershoff & Partners a soumis un problème aux participants. Quatre étudiants en informatique de l'EPFZ ont construit en 36 heures un prototype qui détecte les nouvelles importantes pour les marchés. La collaboration qui a suivi avec le cabinet zurichois a donné la plateforme actuelle.

Où se situe Turiq parmi les fintech suisses

Turiq n'est pas seule sur le créneau de l'IA appliquée au placement. Le 15 octobre 2026, la startup suisse Unplex annonçait un partenariat avec Infront pour diffuser ses agents IA en gestion de fortune. Les deux annonces, publiées à une semaine d'écart, se comparent ainsi :

TuriqUnplex
AnnonceLancement, 22 octobre 2026Partenariat avec Infront, 15 octobre 2026
Utilisateurs visésBureaux du CIO, équipes d'investissement, conseillersGérants de fortune
TâchesTri de l'information de marché, préparation des décisions, communication aux clientsPréparation des rendez-vous, relevés de compte, rapports trimestriels, ouverture de compte
Accès au marchéDirectement, avec une adaptation à chaque établissementPar les logiciels de portefeuille d'Infront, dont Assetmax
DonnéesDans le nuage de l'établissement, sans entraînement sur les données clientsHébergement en Suisse, traitement en Suisse et dans l'Espace économique européen
Marchés annoncésSuisse et pays germanophonesSuisse et Allemagne
Levée de fonds mentionnéeAucuneAucune

Dans les deux cas, un humain valide les résultats avant leur usage. Les deux entreprises insistent sur ce point, qui répond aux exigences d'un secteur réglementé.

Les grandes banques développent aussi leurs propres outils. UBS a lancé plus de 300 cas d'usage de l'IA en 2025, selon l'article de 2clics du 21 octobre 2026 sur son classement en maturité IA. Ses outils de recherche servent près de 1000 professionnels dans le monde. Turiq propose une autre voie : une plateforme externe que chaque établissement adapte à ses propres processus.

Ce que ça change pour un client en Suisse

Pour un client de banque ou de gérant de fortune, l'effet serait d'abord indirect. Les commentaires de marché de son conseiller pourraient être préparés avec ce type d'outil. Selon Turiq, les spécialistes de l'établissement restent responsables du contenu et des décisions. L'entreprise affirme aussi que les données des clients n'entraînent pas les modèles. Ces engagements figurent dans le communiqué, sans vérification indépendante mentionnée.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • Le nom et le nombre des premiers clients externes.
  • Le financement de Turiq AG et la répartition de son capital entre les fondateurs.
  • Le rôle exact de Klaus Wellershoff au quotidien, au-delà de son titre de cofondateur.
  • Les modèles d'IA utilisés, les tarifs et la taille de l'équipe visée.
  • Le calendrier de l'expansion vers les pays germanophones voisins.

Sources