Depuis le début de l'année 2026, les opérateurs téléphoniques suisses ont pris des mesures contre plus de 148 millions d'appels indésirables. C'est ce qu'indique une dépêche de l'agence Keystone-ATS, publiée le 3 octobre 2026 par SWI swissinfo.ch. Selon le même texte, ce type d'abus a tendance à augmenter encore vers la fin de l'année.
Le mot « mesures » recouvre ici plusieurs réalités : selon les opérateurs, un appel peut être bloqué, anonymisé ou accompagné d'un avertissement. Les chiffres communiqués par chacun ne portent par ailleurs pas tous sur la même période.
Le « spoofing » dans le viseur
D'après la dépêche, les opérateurs combattent en particulier le « spoofing », une technique qui consiste à afficher un numéro de téléphone faux ou manipulé. Depuis le début de l'année, les appels en provenance de l'étranger qui affichent un numéro suisse potentiellement falsifié doivent soit être bloqués, soit être transmis avec la mention « appelant inconnu ». La source ne précise pas qui a fixé cette règle ni sur quelle base.
Les chiffres de chaque opérateur
Swisscom a indiqué à Keystone-ATS avoir enregistré 102 millions d'appels liés au « spoofing » ou au spam. Parmi eux, 65 millions ont été bloqués et 30 millions anonymisés. Pour 7 millions d'appels supplémentaires, un avertissement s'est affiché.
Sunrise a annoncé jeudi, dans un communiqué cité par la dépêche, avoir bloqué, anonymisé ou signalé plus de 46 millions d'appels entre janvier et août, soit environ un cinquième de plus que l'année précédente. Sur la même période, plus de 10 millions d'appels venus de l'étranger ont été signalés parce qu'ils étaient soupçonnés d'usurper un numéro suisse ou d'en faire un usage abusif. Swisscom, de son côté, a choisi de ne pas communiquer de détails précis, afin d'éviter que des fraudeurs n'exploitent ces informations ; la dépêche ne précise pas sur quoi portent ces détails.
Salt déploie lui aussi un mécanisme contre les appels indésirables. Selon la dépêche, celui-ci bloque en moyenne environ deux appels entrants sur cinq. La source ne donne pas de nombre absolu pour Salt et ne précise pas sur quel ensemble d'appels porte cette proportion.
Additionnés, les chiffres de Swisscom (102 millions) et de Sunrise (46 millions) donnent 148 millions. Une lecture possible est que le total annoncé correspond à ces deux opérateurs, mais la dépêche n'explique pas comment il a été calculé.
Comment fonctionne le filtrage : peu de détails
La dépêche décrit ce qui arrive aux appels filtrés (blocage, anonymisation, avertissement), mais pas la manière dont les opérateurs repèrent un appel indésirable : elle ne rapporte d'explications techniques ni de Swisscom, ni de Sunrise, ni de Salt.
Un jeu du chat et de la souris
Selon Salt, l'efficacité de ces mesures diminue, car les fraudeurs changent de numéro très rapidement. Un porte-parole de Swisscom, dont le nom n'est pas indiqué, résume la situation ainsi : « La lutte contre le ‹ spoofing › reste un jeu du chat et de la souris. » Cette citation est traduite ici depuis la version anglaise de la dépêche.
Pourquoi davantage d'appels en fin d'année
Selon Sunrise, le volume d'appels indésirables tend à augmenter vers la fin de l'année, en grande partie en raison de l'échéance des contrats et des polices d'assurance. Il s'agit d'une explication de l'opérateur ; la dépêche ne fournit pas de chiffres sur cette hausse saisonnière et ne détaille pas le lien entre ces échéances et les appels reçus.
Et pour se protéger ?
La dépêche ne donne aucun conseil aux particuliers pour se prémunir contre les appels indésirables. Elle décrit uniquement ce que font les opérateurs de leur côté :
- bloquer, anonymiser ou signaler les appels suspects ;
- bloquer, ou transmettre avec la mention « appelant inconnu », les appels de l'étranger affichant un numéro suisse potentiellement falsifié.
Pour l'abonné, un point concret ressort de la source : un appel venu de l'étranger qui affiche un numéro suisse potentiellement falsifié peut arriver avec la mention « appelant inconnu ». Faute d'autres indications dans la dépêche, cet article ne formule pas de recommandations supplémentaires.


