La néobanque Revolut prépare Revolut Ventures, une plateforme qui doit ouvrir des participations dans des entreprises non cotées à des clients « éligibles ». L'information, tirée d'une note interne citée par le Handelsblatt, a été relayée par finews.ch le 26 octobre 2026. En Suisse, où plus de 1,3 million de personnes utilisent Revolut, l'accès, les frais et la liquidité restent inconnus.

Que prépare Revolut avec Revolut Ventures ?

Revolut veut gérer elle-même une plateforme d'investissement dans des sociétés privées. Selon la note interne, elle doit permettre aux clients éligibles de prendre des positions dans des entreprises non cotées, à côté de leurs portefeuilles existants. Le but affiché est d'offrir aux particuliers un accès au capital-risque « de niveau institutionnel ».

Le véhicule prend la forme d'un ELTIF, un fonds européen d'investissement à long terme. Il doit investir surtout dans des entreprises technologiques déjà sorties du stade de la création. Ces sociétés se trouvent avant une possible introduction en bourse.

Revolut justifie ce choix par un chiffre. Selon la néobanque, l'âge moyen d'une entreprise à son entrée en bourse est passé de 6,9 à 11 ans entre 2014 et 2025. Une grande partie de la création de valeur aurait donc lieu avant la cotation. Revolut cite en exemple les laboratoires d'intelligence artificielle (IA) Anthropic et OpenAI.

Trois prestataires encadrent le fonds, selon finews.ch :

  • Carne Group assure la gestion du fonds. Elle compte environ 700 clients, qui gèrent plus de 1000 milliards de dollars dans plus de 160 pays.
  • Alter Domus en est l'administrateur.
  • L'établissement américain BNY assure la garde des actifs, comme dépositaire et banque de dépôt.

Quel rôle pour Partners Group chez Revolut ?

Partners Group figure déjà dans l'application de Revolut. En juillet 2026, la néobanque a lancé une offre de private equity, c'est-à-dire de capital-investissement. Ses clients peuvent y investir dans des fonds de quatre gérants spécialisés : Apollo, Ares, Hamilton Lane et le gérant Partners Group.

Revolut Ventures ajoute un étage à cette offre. Jusqu'ici, Revolut distribuait les fonds de ces spécialistes. Avec Revolut Ventures, elle lance une plateforme qu'elle gère elle-même et son propre fonds de capital-risque. Notre source ne précise pas si l'offre de juillet 2026 est ouverte aux clients suisses.

Comment se situe Revolut face aux autres plateformes ?

Revolut n'est pas pionnière sur ce terrain. Selon finews.ch, d'autres néobanques et courtiers en ligne proposent depuis plus longtemps des placements dans les marchés privés.

PlateformeOffre en marchés privésDepuis (selon finews.ch)
RevolutFonds d'Apollo, Ares, Hamilton Lane et Partners GroupJuillet 2026
Revolut VenturesFonds de capital-risque propre (ELTIF), clients éligiblesDate non précisée
Trade RepublicFonds d'EQT et d'ApolloEnviron un an
ScalableELTIF de private equity de BlackrockNon précisé

Le tableau ne couvre que les acteurs cités par notre source. Les offres de marchés privés des banques et plateformes suisses n'y figurent pas, faute de données comparables dans nos sources.

Où en est Revolut en Suisse ?

Revolut compte plus de 1,3 million d'utilisateurs en Suisse, selon finews.ch. Elle n'y possède pas encore de licence bancaire propre. En septembre 2026, elle en a demandé une à l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Elle prévoit aussi d'investir plus de 150 millions de francs en Suisse au cours des cinq prochaines années.

Une licence bancaire couvre davantage qu'une licence Fintech. Selon les règles d'autorisation de la FINMA, la licence Fintech plafonne les dépôts du public à 100 millions de francs. Ces dépôts ne peuvent être ni investis ni rémunérés. Une autorisation encadre toutefois un établissement ou un produit, pas le risque de l'actif acheté.

La néobanque sort aussi d'un incident récent. Le 20 octobre 2026, ses paiements par carte et ses retraits ont été perturbés pendant une panne de Google Cloud à Londres. Revolut n'avait alors pas confirmé publiquement le lien avec Google.

Quels risques pour un épargnant en Suisse ?

Revolut met elle-même en garde ses clients. Ces placements offrent un potentiel de croissance, écrit-elle, mais ils sont « nettement moins liquides » que des actions cotées. Ils comportent aussi « un risque considérable de perte en capital ». C'est pourquoi l'offre ne vise pas tous les clients, seulement les « éligibles ».

Le fonds vise un stade tardif du financement. Une jeune pousse franchit d'abord des tours de financement seed et série A. Les séries B, C et suivantes viennent ensuite, quand il faut grandir. Revolut cible plutôt ces entreprises proches d'une cotation.

Ce marché est très concentré. Selon les chiffres de CB Insights repris par 2clics en octobre 2026, le capital-risque mondial a atteint 698,3 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2026. L'IA en a capté 71 %. OpenAI, avec 132 milliards, et Anthropic, avec 95 milliards, pèsent environ un tiers des montants de l'année.

Notre lecture : les deux exemples choisis par Revolut concentrent à eux seuls environ un tiers du capital-risque mondial de 2026. Ils illustrent un marché à deux vitesses plutôt que le parcours type d'une start-up. En Suisse, le record date de 2021, avec 3,1 milliards de francs de capital-risque investis dans les start-up, selon notre guide pour lever des fonds en Suisse.

Cet article décrit une offre annoncée et ne constitue pas un conseil en investissement.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • Si les clients de Revolut en Suisse pourront accéder à Revolut Ventures, et selon quels critères d'éligibilité.
  • Les frais prélevés par le fonds et par la plateforme.
  • La liquidité réelle : durée de blocage, possibilités de sortie, valorisation des parts.
  • Le calendrier de lancement, que le texte de finews.ch ne détaille pas.
  • L'accès des clients suisses à l'offre de private equity lancée en juillet 2026.
  • L'issue et le calendrier de la demande de licence bancaire déposée à la FINMA.

Sources