Les ménages suisses continuent de dépenser, mais la cadence s’est tassée depuis le début de l’été. C’est ce qui ressort de l’indicateur de consommation de PostFinance, relayé le 10 octobre 2026 par SWI swissinfo.ch sur la base d’une dépêche de l’agence Keystone-SDA.

Ce que mesure l’indicateur

L’indicateur repose sur les paiements par carte effectués par les 2,4 millions de clients de PostFinance. Il ne couvre donc qu’une partie des dépenses : la source ne précise pas la part des paiements en espèces ou par d’autres moyens qui échappe à cette mesure, ni dans quelle mesure la clientèle de PostFinance est représentative de l’ensemble de la population.

Les variations sont exprimées par rapport à la même période de l’année précédente. En septembre 2026, l’indicateur a progressé de 0,9 % par rapport à septembre 2025.

Une hausse qui se poursuit, à un rythme plus faible

Replacé dans la série des derniers mois, ce chiffre montre surtout un ralentissement. La progression sur un an atteignait 1,8 % en juin, puis 1,1 % en juillet et 0,8 % en août. Septembre marque donc une très légère reprise par rapport à août, mais reste deux fois moins élevé qu’en juin.

Les analystes de PostFinance résument cette évolution ainsi : « Les dépenses de consommation en Suisse continuent de croître, quoiqu’à un rythme légèrement plus lent qu’au cours de l’été » (citation traduite de l’anglais, tirée de la version publiée par swissinfo.ch).

Moins de voyages et de restaurants, plus de cosmétiques

Selon la source, la fin de la période des vacances s’est traduite par un recul des dépenses liées aux voyages et aux activités sociales. Ce repli se lit notamment dans une baisse des visites au restaurant, en Suisse comme à l’étranger.

À l’inverse, les consommateurs ont nettement plus dépensé pour les cosmétiques et les soins de beauté. La source ne chiffre pas ces évolutions par catégorie.

Résilience ou essoufflement : deux lectures d’un même chiffre

Les analystes de PostFinance retiennent une lecture plutôt rassurante : « Globalement, les dépenses de consommation restent résilientes, malgré la pression supplémentaire exercée sur les budgets des ménages par la récente hausse de l’inflation » (citation traduite de l’anglais). Le fait que l’indicateur reste positif chaque mois depuis juin va dans ce sens.

La même série peut toutefois aussi se lire comme un essoufflement : la croissance sur un an a été divisée par deux entre juin et septembre. Les données disponibles ne permettent pas de trancher entre ces deux interprétations sur la durée.

Un point limite la portée de ces chiffres pour juger du pouvoir d’achat : la source ne précise pas si l’indicateur est corrigé de l’évolution des prix. S’il s’agit de montants nominaux, une partie de la hausse des dépenses pourrait refléter le renchérissement plutôt qu’une augmentation des quantités achetées. La source ne donne pas non plus le niveau de l’inflation évoquée par les analystes.

Ce que cela dit de la conjoncture intérieure

Pour les commerces et les prestataires de services en Suisse, le signal est contrasté selon les secteurs : les visites au restaurant ont reculé après l’été, tandis que les dépenses consacrées aux cosmétiques et aux soins de beauté ont augmenté. Pour les ménages, l’indicateur suggère que la hausse des prix n’a pas, à ce stade, conduit à un recul des paiements par carte sur un an. Il s’agit d’un constat sur les mois écoulés, et non d’une prévision pour les mois à venir.

Sources