Le label Cyber-Safe est une certification suisse de cybersécurité conçue pour les PME, les communes et les petites organisations. Créé en 2018 et porté par l'Association suisse pour le label de cybersécurité (ASLaC), il part d'un état des lieux neutre et se conclut par une vérification des mesures prises. Selon son site cyber-safe.ch, 250 PME et 200 communes suisses sont labellisées.
Pour une petite ou moyenne entreprise (PME), le label sert surtout à savoir où elle en est, à obtenir un plan d'actions et à montrer ses efforts à ses clients. Il prolonge une démarche de cybersécurité PME qui commence par les gestes de base. Cette page distingue ce qu'affirme l'association, ce que racontent les organisations labellisées et notre propre analyse.
Qu'est-ce que le label Cyber-Safe ?
Le label Cyber-Safe se présente comme « le Label suisse de cybersécurité ». Sa devise tient en trois mots : « Humain. Fiable. Accessible. » L'association se dit neutre et indépendante.
Ses exigences sont développées par l'ASLaC. Le site présente Cyber-Safe comme partenaire de mise en œuvre de la stratégie nationale de cybersécurité de l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS).
Le label affirme aussi être reconnu par la Confédération dans sa cyberstratégie nationale. Il revendique le soutien des grandes assurances suisses, des principales faîtières professionnelles et des associations de communes. Sa page d'accueil ne nomme pas ces partenaires.
Pourquoi un label de cybersécurité pour une PME ?
L'association part d'un constat d'inégalité face aux cyberrisques. Les multinationales et les grandes entreprises disposent des moyens et des compétences pour les traiter. Les PME, les communes, les fondations et les autres petites organisations sont, selon elle, « souvent démunies ».
Les chiffres suisses récents confirment l'exposition des PME. Selon l'étude Cybersécurité des PME 2026, publiée le 22 octobre 2026, 6 % des PME ont subi une cyberattaque grave en trois ans. Cette part atteint jusqu'à 16 % chez les PME d'au moins dix collaborateurs.
Le retard porte surtout sur l'organisation, d'après la même étude. Plus de 80 % des PME installent les mises à jour et neuf sur dix font des sauvegardes. Mais environ un tiers seulement forme régulièrement son personnel ou tient un inventaire de ses systèmes. Les audits de sécurité et les plans d'urgence restent nettement moins répandus.
Notre analyse : c'est précisément ce terrain organisationnel que vise un label fondé sur un audit externe. La démarche oblige l'entreprise à établir qui fait quoi, et pas seulement à installer des outils.
Comment se déroule la labellisation ?
Le site décrit une approche en cinq volets, chacun lié à un bénéfice :
- un état des lieux, pour savoir où l'organisation en est et qui fait quoi ;
- des recommandations, pour se préparer à faire face à une crise ;
- un plan d'actions, pour sécuriser les systèmes et les données ;
- une vérification des actions, pour renforcer la confiance des clients et des partenaires ;
- une protection additionnelle, sous la forme de primes avantageuses auprès de cyberassureurs partenaires.
Le travail s'appuie sur des auditeurs. Le site en compte 17 dans toute la Suisse. Ses experts accompagnent les organisations et les aident à trouver des solutions et des prestataires adaptés à leurs besoins.
Un témoignage détaille le parcours concret. Andrew Blair, responsable des services et solutions informatiques de la Zurich International School, décrit d'abord une pré-évaluation. Suivent une revue approfondie des systèmes et des traitements de données, puis la mise à jour de toute la documentation.
Le processus s'est conclu, dans ce cas, par deux audits d'une journée entière. Andrew Blair le qualifie de long, mais de très précieux. La démarche s'est déroulée en anglais, d'autres langues étant disponibles.
Qui a déjà obtenu le label Cyber-Safe ?
Le label revendique 250 PME et 200 communes labellisées dans toute la Suisse. Les organisations certifiées comptent de 3 à 248 collaborateurs, selon le site. Le label s'adresse donc aussi à de très petites structures.
Les témoignages publiés couvrent des profils variés. On y trouve Socorex, Bhaasha, l'AUBEP, la commune de Roche, Cavin-Baudat (Vallée de Joux) SA et Digital Lab SA, la Zurich International School et la Fondation pour la formation professionnelle et continue (FFPC).
Que retiennent les organisations labellisées ?
Les organisations labellisées insistent d'abord sur la découverte de leurs points faibles. Chez Socorex, Tatjana Van Bogaert juge le processus d'audit « rigoureux mais extrêmement bénéfique ». Il a permis d'identifier et de renforcer les points faibles de l'entreprise.
La préparation produit aussi des changements concrets. Gopal Krishnamani, fondateur de Bhaasha, cite des améliorations de l'infrastructure, des plateformes informatiques et des processus de gestion des risques.
Le label se renouvelle, et ses exigences évoluent. Jean Bourgeois, président de l'AUBEP, passe la certification pour la deuxième fois. Il constate que les exigences « évoluent et se renforcent d'une session à l'autre ». À la FFPC, le renouvellement a ouvert une réflexion sur le risque de transmettre des informations sensibles à l'intelligence artificielle (IA).
Les communes y trouvent aussi un intérêt. Aurélie Tulot, syndique de Roche, rappelle que « le risque zéro n'existe pas ». Le label a toutefois aidé la commune à détecter ses points critiques et à anticiper les risques.
Notre analyse : ces témoignages sont choisis et publiés par le label lui-même. Ils montrent l'intérêt perçu de la démarche, pas son efficacité mesurée face aux attaques.
Label, test ou norme : quel outil choisir ?
Une PME suisse dispose de plusieurs outils d'évaluation, qui ne répondent pas à la même question. Le test cybersécurité PME gratuit donne une première image. La norme minimale TIC de la Confédération sert de liste de contrôle. Le label ajoute un regard extérieur et une vérification.
| Outil | Qui le porte | Ce qu'il apporte | Sa limite |
|---|---|---|---|
| Cybersecurity-Check | Outil issu de la stratégie nationale, version 4.0 de novembre 2025 | Une autoévaluation gratuite en quelques minutes | Il repose sur les réponses de l'entreprise elle-même |
| Norme minimale TIC | L'OFCS, depuis mars 2024 | Un référentiel et un outil d'autoévaluation au format Excel | Facultative pour une PME, contraignante seulement pour l'électricité et le gaz |
| Label Cyber-Safe | L'ASLaC, depuis 2018 | Un état des lieux, un plan d'actions et une vérification par un auditeur | Ni prix ni durée publiés sur la page d'accueil |
Notre analyse : ces outils se complètent plus qu'ils ne se concurrencent. Le check gratuit aide à préparer un audit et à fixer des priorités. Le label convient plutôt à une organisation qui veut un contrôle externe et un signal à montrer à ses clients.
D'autres pages pratiques figurent dans notre rubrique protéger son entreprise.
Le label fait-il baisser la prime de cyberassurance ?
Le site promet des « primes avantageuses » auprès de cyberassureurs partenaires. Sa page d'accueil ne cite ni les noms de ces assureurs ni le montant des rabais.
Une assurance ne remplace pas la prévention. « Une cyberassurance peut atténuer les risques, mais elle ne remplace pas la responsabilité personnelle », a rappelé Jesús Pampín, responsable du centre de compétences en cyberrisques de la Mobilière, à la présentation de l'étude 2026.
Chiffres clés
- 2018 : création du label Cyber-Safe.
- 250 PME labellisées dans toute la Suisse, selon le site.
- 200 communes suisses labellisées.
- 17 auditeurs actifs dans toute la Suisse.
- De 3 à 248 collaborateurs dans les organisations labellisées.
- Plus de 25'000 courriels d'hameçonnage envoyés, selon le compteur du site.
Ce qu'on ne sait pas encore
La page d'accueil de cyber-safe.ch laisse plusieurs questions ouvertes :
- le prix de la labellisation et de son renouvellement ;
- la durée de validité du label et le rythme des audits ;
- la liste détaillée des exigences et leur lien éventuel avec la norme minimale TIC ;
- le temps nécessaire pour obtenir le label ;
- les assureurs partenaires et l'ampleur des rabais ;
- le cadre dans lequel les courriels d'hameçonnage ont été envoyés ;
- la date de mise à jour des chiffres affichés.
Le site propose aussi d'évaluer son organisation, sans décrire cet outil sur sa page d'accueil.
Sources
- Cyber-Safe, le label suisse de cybersécurité (cyber-safe.ch)
- Étude « Cybersécurité des PME 2026 » de la Mobilière et de ses partenaires, d'après 2clics.com
- Cybersecurity-Check et norme minimale TIC de l'OFCS, d'après nos pages consacrées au test et à la norme




