Finnova et Avaloq restent les deux systèmes bancaires centraux qui équipent la plupart des banques de détail en Suisse et au Liechtenstein. C'est le constat de l'étude « Zukunft der Kernbankensysteme 2026 » de l'Institut für Finanzdienstleistungen Zug (IFZ), rattaché à la Haute école de Lucerne (HSLU), présentée le 27 octobre 2026 à Zurich. Sur ce marché du core banking suisse, Finnova équipe 63 % des banques interrogées et Avaloq 22 %.

Quelle part de marché pour Finnova et Avaloq ?

L'étude repose sur une enquête auprès des responsables informatiques des banques. Selon Inside IT, 63 des 123 dirigeants IT sollicités ont répondu, et des entretiens complètent les questionnaires. Les auteurs sont Thomas Fischer et Urs Blattmann, enseignants et chefs de projet à l'IFZ, d'après la page de présentation de la HSLU. Il s'agit de la deuxième édition, après celle de 2023.

Système bancaire centralPart des banques de l'échantillon, étude 2023Part des banques de l'échantillon, étude 2026
Finnova67 %63 %
Avaloq17 %22 %
Temenosnon cité3 %
Finstarnon cité2 %
TCS Bancsnon cité2 %

Ces pourcentages décrivent l'échantillon de banques qui ont répondu, pas l'ensemble du marché. Ils comptent des établissements, pas des actifs ni des clients. Rien n'indique que les deux éditions portent sur les mêmes banques : le recul de Finnova et la progression d'Avaloq entre 2023 et 2026 se lisent donc avec prudence.

Pourquoi l'étude parle-t-elle de duopole ?

Les auteurs posent eux-mêmes le mot. « Le marché des systèmes bancaires centraux des banques de détail suisses reste marqué par un duopole », écrivent-ils, cités par Inside IT. Les nouveaux fournisseurs ne se sont pas imposés en Suisse ni au Liechtenstein, alors qu'ils reviennent souvent dans les débats sur les architectures d'avenir.

Cette concentration a un prix pour les banques, selon l'étude. « Pour les banques, la forte concentration du marché signifie un choix limité d'alternatives réalistes et une forte dépendance envers leur propre fournisseur », notent les auteurs.

Le cas de Temenos, l'éditeur suisse de logiciels bancaires, illustre l'écart entre marché domestique et marché mondial. Il ne pèse que 3 % dans l'échantillon de l'IFZ. Pourtant, son chiffre d'affaires a atteint 292,8 millions de dollars au troisième trimestre 2026, comme 2clics l'a rapporté lorsque Temenos a relevé sa prévision de bénéfice. Parmi ses contrats récents figurent deux coopératives nord-américaines : Vancity, au Canada, pour son système bancaire central, ou Sound Credit Union pour le recouvrement, tous deux en mode SaaS.

Les banques de détail sont-elles satisfaites de leur système ?

Oui, mais sans enthousiasme. « La satisfaction est stable et solide, mais rarement enthousiaste », résume l'étude, citée par Inside IT. Pour les auteurs, cette satisfaction traduit avant tout une adhésion à la stabilité et à la fiabilité des systèmes.

Les points forts restent les mêmes qu'en 2023 : stabilité, disponibilité, résistance aux pannes et fiabilité. En revanche, seule une minorité de banques perçoit un développement actif et rapide de son système par le fournisseur.

Que demandent les banques à un logiciel bancaire ?

Les interfaces arrivent en tête des besoins, en 2023 comme en 2026. Les auteurs jugent ce constat « à la fois surprenant et décevant » : le besoin est connu, mais il n'est toujours pas couvert.

L'intelligence artificielle (IA) arrive en deuxième position. Les banques la jugent ainsi essentielle pour un système bancaire central d'avenir. Elles se disent pourtant « très sceptiques » face aux nouveautés des fournisseurs dans ce domaine, selon l'étude.

Le cloud et la modularité, explicitement réclamés il y a trois ans, sont devenus une « condition tacite ». La présentation de l'étude par la HSLU place d'ailleurs au centre le passage d'architectures monolithiques à des approches modulaires, fondées sur des services.

Pourquoi les banques renoncent-elles à migrer ?

La volonté de changer de système a nettement reculé. Selon finews.ch, beaucoup de banques prévoyaient il y a quatre ans de remplacer leur logiciel à moyen terme. Aujourd'hui, environ deux tiers d'entre elles comptent garder leur système actuel dans dix ans.

Le coût d'un changement explique en partie ce choix, sans que l'étude le chiffre pour chaque banque. D'après finews.ch, le développement complet d'un système bancaire central passait jusqu'ici pour un chantier d'au moins dix ans. Il demandait des investissements de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions.

Lecture de la rédaction : un marché à deux fournisseurs, une migration longue et coûteuse et une satisfaction fondée sur la stabilité poussent au statu quo. Les migrations restent toutefois possibles. Le programme du forum du 27 octobre 2026 comprenait un retour d'expérience de Marcel Rüede, directeur des opérations de Founders Bank AG, sur la manière de réussir un changement de système bancaire central.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • Le poids de chaque fournisseur en actifs ou en clients : les parts publiées comptent des banques, pas leur taille.
  • Le coût réel d'une migration pour une banque de détail suisse : seul l'ordre de grandeur d'un développement complet circule.

Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.

Sources