Phida Groupe, groupe familial de Renens (VD) actif notamment dans l'enveloppe du bâtiment, prépare un fonds d'environ 10 millions de francs pour le financement de startup suisse dans la construction. Selon le magazine PME du 5 novembre 2026, le fonds couvrira les tours du pré-amorçage à la série A. Les jeunes pousses retenues pourront aussi tester leurs innovations sur les chantiers du groupe.

Un fonds en préparation, pas encore lancé

Le fonds n'existe pas encore sous sa forme définitive. «Nous définirons la forme exacte de ce fonds d'ici à la fin de l'année», a déclaré à PME Bastien Sauve, directeur général (CEO) de Phida Groupe. Il parle d'une dotation visée «de l'ordre de 10 millions de francs».

Les montants annoncés restent donc un objectif. Selon PME, Phida et les autres fondateurs du fonds apporteront le premier million. Les premiers contacts avec des investisseurs extérieurs ont été pris en septembre 2026. Il s'agit d'une levée en cours, et non d'un fonds clos.

Une règle est déjà fixée : le fonds ne prendra pas plus de 20% du capital de chaque start-up. Le fonds resterait ainsi un actionnaire minoritaire. Ce que valent ces 20% en francs dépend de la valorisation pre-money de la startup, que le fonds n'a pas encore détaillée.

Qui est Phida Groupe

D'après son site, Phida Groupe réunit depuis 1931 des entreprises complémentaires. Il compte aujourd'hui 35 sociétés en Suisse romande et en France, réparties en quatre pôles : construction, événementiel, services et investissement. PME lui attribue 750 collaborateurs.

Le groupe grandit vite. En avril 2024, le site immobilier immo!nvest le décrivait encore avec 20 sociétés. Bastien Sauve y présentait Phida comme le leader de l'enveloppe du bâtiment en Suisse romande.

Ce qu'apporte un investisseur industriel

Phida ne se présente pas comme un fonds de capital-risque classique, qui apporte surtout de l'argent. Selon PME, le groupe ajoute deux choses au financement :

  • l'accès au terrain, pour tester une innovation en conditions réelles sur ses chantiers ;
  • un soutien opérationnel en comptabilité, ressources humaines et droit, assuré par ses sociétés.

L'avantage joue aussi pour l'investisseur. Confronter l'idée à la réalité du terrain réduit le risque, souligne PME. Le groupe voit donc tôt si une solution tient sur un vrai chantier.

Ce modèle d'investisseur industriel, appelé corporate venture, a sa logique propre : le groupe investit aussi pour son métier. Lors de son entrée chez Freesuns, Bastien Sauve le disait sans détour : il s'agissait d'offrir les dernières tuiles solaires à ses clients et de garder sa position de leader. Une start-up doit donc vérifier ce que l'accès au chantier implique dans son term sheet de startup.

Freesuns, un premier essai en 2024

Phida n'en est pas à son premier investissement. Le 11 avril 2024, immo!nvest rapportait une augmentation de capital d'un million de francs chez Freesuns, start-up de Colombier qui fabrique des tuiles solaires. Un consortium comprenant Phida Groupe y participait, au titre d'un investissement stratégique.

Freesuns comptait alors environ 130 toits équipés en Suisse. L'argent devait financer sa recherche en logiciel et en matériel, et son arrivée sur de nouveaux marchés. Le futur fonds passerait de ce coup ponctuel à une démarche régulière.

Quelle place pour la contech en Suisse romande

Le fonds arrive dans un marché qui repart. Selon le Baromètre EY des start-up en Suisse 2026, publié le 24 février 2026, les start-up suisses ont levé 3,3 milliards de francs en 2025, en hausse de 44%. Le cabinet a recensé 515 tours de financement.

La Suisse romande pèse lourd dans ce total. EY y compte 165 tours et 909 millions de francs en 2025, au deuxième rang après le canton de Zurich. Le baromètre ne donne pourtant pas de chiffre pour la construction : il classe les start-up par santé, logiciel, fintech, matériel ou énergie.

Bastien Sauve décrit un manque de capitaux locaux. «La Suisse innove dans la constructiontech, mais ce sont surtout les gros acteurs étrangers, notamment français et américains, qui viennent financer ces start-up», a-t-il dit à PME. Le groupe veut proposer une alternative romande.

Les pistes citées par Phida vont de la numérisation des processus aux outils d'intelligence artificielle (IA) pour les métiers du bâtiment. Le groupe mentionne aussi la préfabrication, la robotique, la durabilité et la sécurité au travail. Pour une jeune pousse de ces domaines, le fonds s'ajoute aux options décrites dans notre guide pour lever des fonds startup suisse.

PointAnnoncéSource
Dotation viséeenviron 10 millions de francsBastien Sauve, PME
Premier millionPhida et les autres fondateursPME
Stades couvertsdu pré-amorçage à la série APME
Part maximale par start-up20% du capitalPME
Forme juridiquedéfinie d'ici la fin de 2026Bastien Sauve, PME

Ce qu'on ne sait pas encore

  • Le calendrier : Phida n'a pas communiqué de date pour le premier investissement, ni pour la clôture de la levée.
  • Le ticket moyen : le groupe ne dit pas combien il placera par start-up, du pré-amorçage à la série A en Suisse.
  • Les critères et les coinvestisseurs : Phida ne publie ni grille de sélection ni nom des autres fondateurs du fonds.

Les autres tours des jeunes pousses romandes sont suivis dans notre rubrique levées de fonds des startups.

Sources