Prismus, startup deep tech qui développe Lupa, une plateforme d'intelligence artificielle (IA) reliant la recherche scientifique aux besoins de l'industrie, obtient 150 000 francs de Venture Kick. Le programme suisse de soutien aux jeunes entreprises finance ainsi le passage à l'échelle d'un outil qui compte déjà 30 clients payants, selon le communiqué repris par Startupticker.ch le 30 octobre 2026.

Lupa, une IA pour trouver où appliquer une découverte

Lupa s'attaque à un problème concret : savoir à qui vendre une technologie issue de la recherche. Les informations utiles sont dispersées entre publications, brevets, instituts de recherche, bases de données d'entreprises et presse spécialisée, rappelle le communiqué de Prismus.

La plateforme rassemble ces sources et les rend consultables. Ses agents d'IA analysent ces sources reliées, puis classent les cibles selon leur proximité technologique :

  • les marchés où une technologie peut trouver preneur ;
  • les entreprises susceptibles de devenir clientes ;
  • les chercheurs et les partenaires potentiels.

Prismus met en avant la traçabilité : chaque résultat renvoie à une source vérifiable, selon l'entreprise. Le but affiché est de repérer des pistes que les études de marché classiques laisseraient passer.

Trente clients payants, tous des entreprises deep tech suisses

Les 30 premiers clients payants de Lupa sont des sociétés suisses de la deep tech, d'après le communiqué. Elles s'en servent pour démarcher leurs clients, bâtir leur stratégie de marché et fixer leurs priorités.

La startup vise plus large. Elle veut faire de Lupa l'outil de décision des scientifiques au sens large : chercheurs, entreprises deep tech, groupes industriels qui font de la recherche et développement, consultants, investisseurs en capital-risque ou en fusions et acquisitions, administrations qui répartissent des fonds de recherche. Prismus évalue ce marché à plus de 10 milliards, sans préciser la devise ni la méthode. Ce chiffre reste une estimation de l'entreprise.

Un soutien de Venture Kick, pas une levée de fonds

Les 150 000 francs ne font entrer aucun investisseur au capital de Prismus : le communiqué n'en annonce pas. Venture Kick est une initiative philanthropique portée par un consortium privé, comme le détaille notre page sur le tour de financement seed. Elle couvre, selon ses propres termes, des risques que ni l'argent public ni les investisseurs privés ne prennent encore.

Selon le communiqué, cet argent doit aider Prismus à grandir sur les marchés deep tech et à ouvrir Lupa aux utilisateurs individuels. Aucun calendrier ni objectif chiffré n'accompagne cette annonce.

Comment fonctionne Venture Kick, en trois étapes

Venture Kick verse jusqu'à 150 000 francs en trois étapes, d'après la présentation du programme reprise par 2clics. La première marche, le premier « kick », apporte 10 000 francs pour une idée issue d'une haute école suisse. Prismus a donc franchi les trois étapes jusqu'au plafond.

Le parcours passe aussi par les Kickers Camps, que la dirigeante de Prismus retient en premier. « Venture Kick nous a enthousiasmés, mis au défi et poussés vers la phase suivante de notre entreprise. Les Kickers Camps, en particulier, ont été intenses et gratifiants », souligne Elisabeth Blyumin, cofondatrice et directrice générale de Prismus, dans le communiqué en anglais.

Le programme publie son bilan, mais ce sont ses propres chiffres. Depuis 2007, Venture Kick dit avoir soutenu 1251 projets avec 66,99 millions de francs. Il annonce un taux de survie de 84 % pour les sociétés constituées.

Venture Kick face aux autres soutiens d'amorçage

Pour une startup deep tech suisse, plusieurs programmes financent cette première marche. Les montants viennent des pages des programmes, reprises par 2clics en octobre 2026.

ProgrammeZoneFormeMontant
Venture KickToute la SuisseSoutien philanthropique en trois étapesDe 10 000 à 150 000 francs
Fondation FIT, prêt Tech SeedVaud et Suisse romandePrêt100 000 francs par start-up en octobre 2026
FIF Seed, canton de GenèveGenèveForme non préciséeJusqu'à 100 000 francs

La Fondation pour l'innovation et la technologie (FIT) vient ainsi d'accorder un prêt Tech Seed de 100 000 francs à trois jeunes pousses, selon son communiqué du 28 octobre 2026. À la différence de Venture Kick, il s'agit d'un prêt.

Financement startup suisse : la marche suivante

Après Venture Kick, le financement d'une startup suisse passe en général par les premiers fonds propres. Les lauréats du programme peuvent obtenir jusqu'à 850 000 francs supplémentaires en capital auprès de Kickfund, selon Venture Kick. S'y ajoute une subvention InnoBooster de 150 000 francs, soit jusqu'à 1,15 million de francs par startup en mêlant capital et subvention.

Viennent ensuite les business angels, puis les fonds de capital-risque. La lausannoise Sonexos illustre ce stade : elle a annoncé le 21 octobre 2026 une levée de 5 millions de francs, qualifiée de pré-série A par Startupticker. Les étapes et les acteurs sont détaillés dans notre guide pour lever des fonds en startup en Suisse.

Le communiqué de Prismus n'évoque aucun tour de ce type à ce stade.

Une équipe de quatre dirigeants

Prismus réunit quatre dirigeants, selon le communiqué :

  • Elisabeth Blyumin, directrice générale ;
  • Timen van Gelderen, directeur technique ;
  • Gonçalo Hora de Carvalho, responsable de l'IA ;
  • Peter Kempin, responsable des revenus.

L'équipe dit allier compétences en IA, en technologie et en développement commercial.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • Le siège de Prismus, sa date de création et son éventuelle haute école d'origine : le communiqué ne les donne pas.
  • Le prix de Lupa et le nom de ses 30 clients : aucun n'est publié.
  • Le détail des trois versements de Venture Kick à Prismus : seul le total de 150 000 francs est annoncé.
  • Une première levée de fonds auprès d'investisseurs : rien n'est annoncé.

Toutes nos actualités sur les levées de fonds des startups sont réunies dans la rubrique dédiée.

Sources