En Suisse, une startup franchit en général trois premiers tours de financement : le pre-seed, le seed et la série A. À chaque tour de financement, le montant grossit et les investisseurs changent. Les soutiens philanthropiques et les subventions arrivent d'abord, les business angels ensuite, les fonds de capital-risque à partir de la série A. Repères tirés de Venture Kick, d'Innosuisse et de startupticker.ch, à jour en octobre 2026.
Le pre-seed, ou pré-amorçage, et le seed, ou amorçage, financent les premiers pas de l'entreprise. La série A vient ensuite, quand il faut grandir, recruter ou viser de nouveaux marchés. Cette page détaille ces trois premières marches. Les étapes suivantes et l'ensemble des acteurs figurent dans notre guide pour lever des fonds en Suisse.
Chaque tour sert un objectif annoncé, et c'est cet objectif qui convainc les investisseurs. D'autres cas récents sont réunis dans notre rubrique levées de fonds des startups.
Que finance un tour pre-seed ?
Le pre-seed finance le passage de l'idée au projet d'entreprise. À ce stade, le risque est maximal et les investisseurs classiques restent à l'écart. Venture Kick, initiative philanthropique d'un consortium privé, le dit sans détour : ces risques ne sont couverts ni par l'argent public ni par les investisseurs privés.
Venture Kick donne un ordre de grandeur des montants. Son premier « kick » apporte 10 000 francs pour une idée issue d'une haute école suisse. Le programme verse ensuite jusqu'à 150 000 francs en trois étapes, selon son site. Compl.AI et VectorFly ont chacun reçu 40 000 francs, selon le site de Venture Kick consulté le 22 octobre 2026.
Les résultats du programme sont publics, mais ce sont ses propres chiffres. Depuis 2007, Venture Kick a soutenu 1251 projets avec 66,99 millions de francs de capital de départ. Les startups soutenues ont ensuite levé 10,234 milliards de francs au total. Le programme annonce un taux de survie de 84 % pour les sociétés constituées.
Une subvention compte-t-elle comme une levée de fonds ?
Non : une subvention n'est pas une levée de fonds, car elle ne fait entrer aucun actionnaire au capital. Innosuisse, l'Agence suisse pour l'encouragement de l'innovation, finance ainsi des start-up qui ne sont pas encore sur le marché, sans prendre de parts.
Son offre « Start-up Innovation Projects » vise des projets à base scientifique, issus de la recherche appliquée. Ils doivent préparer une première entrée sur le marché, dans n'importe quel domaine. Le contrat de subvention est conclu avec la seule start-up : aucun partenaire de recherche n'est financé.
La sélection passe par plusieurs filtres. Trois experts indépendants évaluent d'abord le dossier, déposé sur la plateforme Innolink. Le Conseil de l'innovation d'Innosuisse choisit ensuite les projets invités à un pitch, puis tranche. La page de l'offre ne publie pas de montant type.
Le paysage dépasse Innosuisse. Startupticker.ch recense 70 organisations qui offrent subventions et prêts tout au long de la vie d'une start-up. Le portail répertorie aussi une centaine de prix utiles aux jeunes entreprises.
Combien lève-t-on en seed, et auprès de qui ?
Le seed fait entrer les premiers investisseurs au capital, contre des parts de l'entreprise. Les business angels, des particuliers qui investissent leur propre argent, se regroupent souvent en clubs. Startupticker.ch tient un annuaire de plus de 100 clubs de business angels, fonds de capital-risque et investisseurs industriels actifs en Suisse.
Le parcours Venture Kick montre la marche suivante. Ses lauréats peuvent obtenir 850 000 francs supplémentaires en fonds propres auprès de Kickfund. S'y ajoute une subvention InnoBooster de 150 000 francs. Le dispositif annonce ainsi jusqu'à 1,15 million de francs par startup, en mêlant capital et subvention.
Aucune de nos sources ne fixe de montant type pour un seed suisse. La dilution, c'est-à-dire la baisse de la part des fondateurs, dépend du montant levé rapporté à la valorisation convenue. Chaque nouveau tour fait entrer de nouveaux actionnaires et réduit cette part.
Toute annonce se lit avec trois questions : combien, qui mène le tour, et pour quoi faire. La grille vaut pour un premier tour pré-seed comme pour une levée auprès d'un family office.
Qu'est-ce qui change avec une série A ?
La série A fait entrer le capital-risque professionnel. Les fonds de capital-risque mènent les tours plus importants, souvent avec des investisseurs industriels, dits corporate venture capital. L'argent sert à grandir : recruter, industrialiser, viser de nouveaux marchés.
Exemple daté : le 21 octobre 2026, la lausannoise Sonexos a annoncé une levée de 5 millions de francs, qualifiée de « pré-série A » selon Startupticker. Le tour est mené par Valquest Partners, avec Bosch Ventures, des investisseurs privés et des business angels du secteur industriel. La levée de Sonexos doit faire passer ses prototypes au produit industriel.
Le cas montre aussi le poids de l'investisseur principal. Fadi Noureddine, fondateur et associé gérant de Valquest Partners, entre au conseil d'administration de Sonexos. La technologie de base de la startup est sous licence de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Les montants grimpent vite ensuite. Venture Kick relaie ainsi l'annonce d'UniSieve et ses 9 millions de dollars, levés pour passer ses membranes à l'échelle.
Plus loin dans le parcours, la biotech bâloise Nouscom a bouclé une série D de 135 millions de dollars, annoncée le 19 octobre 2026. Angelini y suit l'entreprise depuis la série C, et tous les investisseurs existants ont remis au pot. La série D de Nouscom montre comment chaque tour s'appuie sur les précédents.
Comment distinguer une levée d'un partenariat ?
Une levée fait entrer de l'argent au capital, contre des parts. Un partenariat commercial ou le lancement d'un produit n'apportent pas de fonds propres, même annoncés le même jour. Sonexos l'illustre : sa levée s'accompagne d'accords avec STMicroelectronics, le groupe Vandewiele et SIT, qui relèvent de la production, pas du tour.
Le tableau résume les repères disponibles, étape par étape.
| Étape | Ce qu'elle finance | Acteurs cités en Suisse | Repère de montant (source) |
|---|---|---|---|
| Pre-seed | Passer de l'idée au projet | Venture Kick, Innosuisse (subventions), prix | 10 000 à 150 000 francs (Venture Kick) |
| Seed | Premiers fonds propres, premiers pas | Business angels, Kickfund | Jusqu'à 850 000 francs en fonds propres (Kickfund, via Venture Kick) |
| Pré-série A et série A | Grandir, industrialiser, recruter | Fonds de capital-risque, investisseurs industriels | 5 millions de francs pour Sonexos, octobre 2026 (Startupticker) |
| Séries suivantes | Essais, expansion | Syndicats de fonds et d'industriels | 135 millions de dollars pour Nouscom, série D, octobre 2026 (Startupticker) |
Où trouver les chiffres du marché suisse ?
La référence reste le Swiss Venture Capital Report. Il est publié par startupticker.ch et l'association d'investisseurs SECA, en collaboration avec startup.ch. Le rapport annuel analyse les tours de financement et donne la liste de tous les tours connus publiquement.
Son édition 2022 analysait déjà les tours par secteur, par canton et par phase d'investissement. La mise à jour du premier semestre 2026, un document de 16 pages, ajoute un sondage auprès de 75 investisseurs suisses. Un repère historique : en 2021, les start-up suisses ont reçu un record de 3,1 milliards de francs en capital-risque.
Les moyennes mondiales donnent un ordre de grandeur, pas une norme. Selon CB Insights, le tour moyen est passé de 23 millions de dollars en 2025 à 49,8 millions en 2026. Quelques tours géants, surtout dans l'intelligence artificielle, tirent cette moyenne vers le haut.
Chiffres clés
- 10 000 francs : premier « kick » de Venture Kick pour une idée ; jusqu'à 150 000 francs en trois étapes (Venture Kick).
- 850 000 francs : fonds propres supplémentaires possibles auprès de Kickfund, plus 150 000 francs de subvention InnoBooster (Venture Kick).
- 1251 projets soutenus par Venture Kick depuis 2007, avec 66,99 millions de francs de capital de départ (Venture Kick).
- 5 millions de francs : tour pré-série A de Sonexos, annoncé le 21 octobre 2026 (Startupticker).
- 135 millions de dollars : série D de Nouscom, annoncée le 19 octobre 2026 (Startupticker).
- 3,1 milliards de francs : record du capital-risque investi dans les start-up suisses, en 2021 (startupticker.ch).
- Plus de 100 clubs de business angels et fonds recensés, 70 organisations de subventions et de prêts (startupticker.ch).
Ce qu'on ne sait pas encore
- Les montants usuels d'un pre-seed, d'un seed et d'une série A en Suisse : aucune de nos sources ne les chiffre. Ils figurent dans les rapports PDF du Swiss Venture Capital Report.
- Les niveaux de dilution habituels : les sources consultées ne donnent ni barème ni valorisation, ni pour Sonexos ni pour Nouscom.
- Les montants versés par Innosuisse à une start-up : la page de l'offre ne les publie pas.
Sources
- Venture Kick, présentation du programme (en anglais)
- Innosuisse, Start-up Innovation Projects (en anglais)
- startupticker.ch, Swiss Venture Capital Report (en anglais)
- Startupticker, annonces des levées de Sonexos et de Nouscom (octobre 2026), via nos articles
- CB Insights, repris par Fintechnews Switzerland le 21 octobre 2026, via notre guide de la levée de fonds




