Lancée en juillet 2026, la solution romande de paiement sans commission PimPay revendique, au 27 octobre 2026, environ 300 commerces et 5'000 consommateurs dans tous les cantons romands. Elle facture aux commerçants un abonnement fixe au lieu d'un pourcentage sur chaque achat. Ces chiffres sont ceux de l'entreprise : aucun contrôle externe n'a été publié à ce jour.
PimPay se présente comme une réponse aux commissions prélevées sur chaque paiement par carte ou par mobile. Selon l'entreprise, plus de neuf commerçants sur dix jugent ces frais trop élevés et injustifiés.
Comment fonctionne le paiement sans commission de PimPay ?
Le commerçant encaisse avec un simple code QR, et le client paie depuis l'application PimPay. Le modèle repose sur quelques règles simples, annoncées par l'entreprise :
- aucune commission n'est prélevée sur les paiements ;
- le commerçant paie un abonnement fixe de 0 à 29 francs par mois, sans engagement ;
- il reçoit l'argent sous 24 heures ouvrées ;
- l'application est gratuite pour le consommateur ;
- les fonds sont déposés auprès de la Caisse d'Epargne Riviera, une banque régulée par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA).
Le revenu annoncé vient donc des abonnements des commerçants, et non d'un prélèvement sur chaque achat. PimPay décrit ce modèle comme unique en Suisse et en Europe.
Qui est derrière PimPay ?
PimPay a été lancée en juillet 2026 par Maxime Charbonnel, son directeur général et cofondateur. Il était auparavant responsable du numérique et du multicanal à la Banque Cantonale Vaudoise (BCV).
L'entreprise a conclu des accords avec des associations et des unions de commerçants. Depuis septembre 2026, la Caisse d'Epargne Riviera propose aussi une offre conjointe à ses clients. « Nous ne demandons pas de changer la loi : nous montrons qu'un autre modèle fonctionne », résume Maxime Charbonnel.
Que disent les chiffres annoncés après quatre mois ?
Le bilan du 27 octobre 2026 couvre les quatre premiers mois d'activité. Il cite environ 300 commerçants affiliés et 5'000 consommateurs. Les commerces sont surtout des boulangeries, des restaurants, des épiceries, des salons de coiffure et des associations.
L'activité reste modeste à l'échelle de chaque commerce. PimPay parle de transactions enregistrées « par dizaines » chaque jour. Rapporté à 300 commerces, cet ordre de grandeur donne en moyenne moins d'un paiement par commerce et par jour. Certains commerces encaissent toutefois plus de dix paiements PimPay par jour, selon l'entreprise.
Un commerçant de Vevey donne un repère plus concret. Sylvain Favrel, de la Boulangerie Favrel, compte plus de quinze paiements PimPay par semaine. Selon lui, il s'agit surtout d'habitués du quartier qui veulent soutenir une démarche locale.
Combien coûtent les frais de carte au commerçant ?
Pour un commerce indépendant, un paiement par carte ou par mobile coûte en général entre 1 % et 3 % du montant, terminal non compris. PimPay chiffre cette charge à 1'000 francs par mois en moyenne. Comme les tarifs baissent avec le volume, les petits commerces paient en proportion le plus cher.
Le sujet pèse davantage à mesure que les espèces reculent. Selon la Banque nationale suisse (BNS), citée par PimPay, la part des espèces est passée en moins de dix ans de sept paiements sur dix à environ un tiers. 2clics suit aussi l'évolution des paiements par carte en Suisse.
Le débat est devenu politique. La Swiss Retail Federation a dénoncé ces commissions à la Commission de la concurrence (COMCO) en juillet 2025. Une motion sur le sujet a été débattue au Conseil des États en juin 2026.
| Critère | Carte et paiement mobile | PimPay |
|---|---|---|
| Coût par paiement | 1 % à 3 % du montant | Aucune commission |
| Coût fixe | Terminal en plus | Abonnement de 0 à 29 francs par mois, sans engagement |
| Moyen d'encaissement | Terminal | Code QR |
| Charge mensuelle indiquée | Environ 1'000 francs en moyenne pour un commerce indépendant | 29 francs au plus |
Ces ordres de grandeur sont ceux que publie PimPay, au 27 octobre 2026.
Ce que cela change pour un commerçant romand
Le calcul de rentabilité est simple à poser. À 1 % de commission, l'abonnement maximal de 29 francs équivaut aux frais sur 2'900 francs de paiements par carte. À 3 %, il équivaut aux frais sur un peu moins de 1'000 francs.
L'économie dépend toutefois de la part des clients qui paient avec PimPay plutôt qu'avec leur carte. Les chiffres annoncés laissent penser que cette part reste faible : 5'000 utilisateurs pour toute la Suisse romande, et moins d'un paiement par commerce et par jour en moyenne. Pour le reste de sa clientèle, le commerçant continue de payer les frais de carte habituels.
Pour un commerçant, l'absence d'engagement limite le risque d'un essai. Le versement sous 24 heures ouvrées et le dépôt des fonds dans une banque surveillée par la FINMA répondent à deux questions pratiques : la trésorerie et la sécurité de l'argent encaissé.
Ce qu'on ne sait pas encore
- le nombre total et le montant des paiements traités depuis juillet 2026 ;
- la part de PimPay dans les encaissements des commerces affiliés ;
- si des commerces affiliés ont renoncé à leur terminal de paiement par carte ;
- ce qui distingue l'abonnement gratuit de l'abonnement à 29 francs ;
- comment PimPay compte financer dans la durée un service gratuit pour les consommateurs ;
- qui a mené l'enquête selon laquelle plus de neuf commerçants sur dix jugent les commissions trop élevées ;
- la suite donnée à la dénonciation devant la COMCO et à la motion débattue au Conseil des États.




