Un robo-advisor suisse est un gestionnaire de fortune en ligne : il place l'épargne dans des fonds indiciels selon un profil de risque, puis rééquilibre le portefeuille sans intervention du client. Cette gestion de fortune automatisée relève en Suisse de la loi sur les établissements financiers (LEFin) et de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Chez True Wealth, Selma et VIAC, les frais de gestion publiés vont de 0,25 % à 0,68 % par an pour l'épargne libre, hors coûts des fonds (sites consultés le 2 novembre 2026).
Comment fonctionne un robo-advisor ?
Tout commence par un questionnaire, qui fixe la tolérance au risque du client. True Wealth cite cette « détermination de la tolérance au risque » parmi les prestations comprises dans ses frais. Selma Finance, de son côté, annonce un « plan d'investissement personnalisé » et un plan recommandé pour le pilier 3a.
Le profil détermine ensuite la répartition entre actions, obligations et autres classes d'actifs. Le robot l'exécute avec des fonds indiciels cotés (ETF, pour exchange-traded funds), qui répliquent un indice boursier à bas coût. True Wealth indique utiliser des ETF d'UBS, d'iShares (BlackRock), de Vanguard et de HSBC, et des fonds indiciels dans le pilier 3a.
Ces ETF détiennent réellement les titres de leur indice, sauf pour les matières premières, suivies par des produits dérivés, selon son blog du 22 janvier 2026.
Le rééquilibrage est le troisième rouage. Quand les marchés montent ou baissent, le poids des actions dans le portefeuille s'écarte de la cible. Le robot vend alors ce qui a trop pesé et rachète ce qui a reculé, pour revenir au profil choisi. True Wealth inclut le rééquilibrage dans ses frais ; Selma y inclut une surveillance « 24 h sur 24 ».
Juridiquement, le client signe un mandat de gestion. Chez True Wealth, il donne au gestionnaire une procuration pour acheter et vendre des titres sur son compte, et pour y prélever les frais de gestion.
Où l'argent du client est-il déposé ?
L'argent ne reste pas chez le robo-advisor : il dort dans une banque dépositaire, sur un compte au nom du client. True Wealth propose deux banques, la Basellandschaftliche Kantonalbank (BLKB), banque cantonale de Bâle-Campagne, et Saxo Bank (Suisse) SA. Les retraits ne peuvent partir que vers un compte vérifié au nom du client, selon l'entreprise.
Si le gestionnaire disparaissait, les avoirs resteraient accessibles à la banque, écrit Felix Niederer, fondateur et directeur de True Wealth. Les liquidités bénéficient de la garantie des dépôts jusqu'à 100'000 francs, assurée par l'association esisuisse. La BLKB profite en plus d'une garantie illimitée du canton de Bâle-Campagne.
Les titres obéissent à une autre logique. Les parts de fonds ne figurent pas au bilan de la banque : elles restent la propriété du client, même en cas de faillite. True Wealth affirme avoir exclu le prêt de titres auprès de ses deux banques dépositaires.
Qui sont les acteurs du marché suisse ?
Trois prestataires illustrent le marché, sans en faire le tour.
- True Wealth, gestionnaire de fortune en ligne fondé par Felix Niederer, physicien diplômé de l'École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), propose ses mandats depuis 2014.
- Selma Finance, fintech zurichoise autorisée comme gestionnaire de fortune, met en avant un conseil financier « assisté par l'IA ». L'entrée se fait dès 2'000 francs pour un portefeuille, dès 500 francs pour le pilier 3a.
- VIAC, fintech bâloise jusque-là centrée sur la prévoyance, a étendu son offre à l'épargne libre avec VIAC Invest. Son communiqué de lancement revendique plus de 100'000 clients et environ 4 milliards de francs gérés en prévoyance. VIAC Invest propose des plans d'épargne en fonds passifs dès 1 franc.
L'automatisation gagne aussi les gérants de fortune traditionnels, mais côté outils internes. Klaus Wellershoff, ancien chef économiste d'UBS, a annoncé le 22 octobre 2026 le lancement de la plateforme d'IA Turiq, destinée aux équipes d'investissement. Une semaine plus tôt, la startup Unplex annonçait ses agents IA pour gérants avec le fournisseur de données Infront. Dans les deux cas, un humain valide les résultats : ce ne sont pas des robo-advisors pour le grand public.
Combien coûte une gestion de fortune automatisée ?
Le coût total se compose de quatre couches : les frais de gestion du prestataire, les frais des fonds (TER, pour total expense ratio), le droit de timbre fédéral et le change de devises.
| Prestataire | Frais de gestion par an | Compris dans les frais | Non compris |
|---|---|---|---|
| True Wealth | 0,50 % jusqu'à 500'000 francs, 0,25 à 0,50 % au-delà ; 0 % pour le pilier 3a | Courtage, droits de garde, rééquilibrage, relevé fiscal, TVA | TER, droit de timbre |
| Selma | 0,68 % sous 50'000 francs, 0,55 % jusqu'à 150'000, 0,47 % jusqu'à 500'000, 0,42 % au-delà | Frais de transaction et bancaires, relevé fiscal, surveillance | TER, droit de timbre, change |
| VIAC Invest | 0,25 % après 2025, 2'000 francs exonérés à vie | Droits de garde, frais de transaction, change, droit de timbre, TVA, relevé fiscal électronique | Coûts des produits, de 0,09 à 0,27 % selon la stratégie standard |
La foire aux questions de True Wealth détaille aussi ce que ses frais excluent. L'entreprise dit ne toucher ni rétrocessions ni commission de performance. Les banques dépositaires facturent environ 0,10 % de marge sur les opérations de change.
Selma calcule son palier sur la somme du compte de placement et du compte 3a, gains compris. Sa page de tarifs chiffre en plus les coûts des produits à 0,22 % par an en moyenne, soit environ 27,5 francs par mois pour 150'000 francs placés. S'y ajoutent le droit de timbre, de 0,075 à 0,15 % par transaction, et un change à 0,25 % en moyenne par transaction. Le palier à 0,42 % a été introduit en novembre 2023, selon Moneycab.
Pour son lancement, VIAC Invest était sans frais d'administration jusqu'à fin 2025. Pour la suite, le communiqué annonce 0,25 % par an, avec une franchise de 2'000 francs sans frais à vie.
Qui surveille les robo-advisors en Suisse ?
Depuis le 1er janvier 2020, la LEFin impose une autorisation de la FINMA à tout gestionnaire de fortune exerçant à titre professionnel. Il doit aussi s'affilier à un organisme de surveillance (OS) lui-même autorisé par la FINMA. Les premiers OS ont reçu leur autorisation le 6 juillet 2020.
La surveillance fonctionne à deux niveaux. L'OS assure le contrôle courant, audits compris. S'il ne peut corriger une irrégularité, il transmet le cas à la FINMA, qui peut prendre des mesures plus poussées. Selon la FINMA, ces transmissions ont nettement augmenté au second semestre 2024.
True Wealth relève d'un autre régime. Son autorisation couvre aussi la gestion d'avoirs de prévoyance, comme le pilier 3a, et la place sous surveillance directe de la FINMA, selon son blog du 22 janvier 2026. Selma Finance a obtenu l'autorisation de gestionnaire de fortune pour 2024, après une demande déposée fin 2022, a rapporté Moneycab le 16 novembre 2023.
Une autorisation fixe des normes minimales, pas un rendement. « Quiconque confie son argent à un gestionnaire de fortune ou à un trustee doit pouvoir partir du principe que des normes minimales appropriées y sont appliquées », a déclaré Stefan Walter, directeur de la FINMA, le 11 mars 2025.
Existe-t-il un meilleur robo-advisor suisse ?
Aucun classement n'a de sens dans l'absolu, et 2clics n'en établit pas. Les grilles publiées montrent que l'écart dépend du montant placé : les paliers de Selma et de True Wealth baissent avec la fortune, tandis que VIAC Invest applique un taux unique. Les critères comparables restent factuels : frais de gestion, coûts des fonds, montant minimal, offre en pilier 3a, banque dépositaire et type de surveillance.
Quelles sont les limites pour un épargnant ?
- Le risque de marché demeure. Un robot répartit et rééquilibre, il n'empêche pas les baisses. True Wealth l'écrit elle-même : même elle ne peut pas changer le fait que le marché fluctue.
- Le prix affiché n'est pas le prix total. Les coûts des fonds, le droit de timbre et le change s'ajoutent aux frais de gestion chez True Wealth et chez Selma.
- La garantie des dépôts ne couvre que les liquidités. Les titres restent au client en cas de faillite de la banque, mais leur valeur varie.
- Le profil dépend des réponses du client. Le portefeuille repose sur le questionnaire : son exactitude conditionne l'adéquation du placement.
- La sortie prend du temps. Chez Selma, vendre et virer l'argent vers une autre banque peut prendre jusqu'à une semaine, sans frais supplémentaires. Chez True Wealth, la fondation de prévoyance facture les retraits 3a inhabituellement complexes.
Pour le reste du secteur, la page gestion et robo-conseillers regroupe les articles de 2clics sur la gestion de fortune numérique.
Chiffres clés
- 0,25 % à 0,68 % : frais de gestion annuels publiés par True Wealth, Selma et VIAC Invest pour l'épargne libre (pages consultées le 2 novembre 2026).
- 0 % : frais de gestion de True Wealth sur le pilier 3a, hors coûts des fonds.
- 0,22 % par an : coût moyen des produits choisis par Selma, selon sa page de tarifs.
- 100'000 francs : plafond de la garantie des dépôts pour les liquidités.
- 1'699 : demandes d'autorisation de gestionnaires de fortune et de trustees reçues par la FINMA jusqu'à fin 2022.
- 1'532 sur 1'864 : demandes acceptées par la FINMA depuis 2020, au 28 février 2025.
- 131 : demandes retirées par les établissements, soit environ 8 % du total, au 28 février 2025.
Sources
- FINMA : Organismes de surveillance (page consultée le 2 novembre 2026)
- FINMA, communiqué du 11 mars 2025 : état du processus d'autorisation des gestionnaires de fortune et des trustees
- True Wealth, 22 janvier 2026 : Security: How We Protect Your Assets
- True Wealth : What is included in the True Wealth management fee?
- Selma Finance : page des tarifs (consultée le 2 novembre 2026)
- Selma Finance, 9 juillet 2024 : What does Selma cost?
- VIAC : communiqué de lancement de VIAC Invest
- VIAC : frais de VIAC Invest (page consultée le 2 novembre 2026)
- Moneycab, 16 novembre 2023 : Selma Finance erhält Finma-Lizenz als regulierte Vermögensverwalterin




