Les hypothèques à taux fixe ont renchéri en Suisse au troisième trimestre 2026 par rapport aux trois mois précédents. Selon une dépêche de l'agence Keystone-SDA publiée le 13 octobre 2026 par SWI swissinfo.ch, cette hausse s'explique principalement par la remontée des taux sur les marchés des capitaux, qui a fait grimper le coût de refinancement des banques.
Les chiffres publiés à fin septembre
Les données citées proviennent du comparateur en ligne Comparis. Elles portent sur un taux indicatif, calculé à partir de la moyenne des taux d'une trentaine de banques. Les valeurs ci-dessous correspondent à la fin du trimestre sous revue, soit à fin septembre 2026 :
- Hypothèque fixe à dix ans : 2,07 % ;
- Hypothèque fixe à cinq ans : 1,9 % ;
- Hypothèque fixe à trois ans : 1,75 %, contre 1,38 % trois mois plus tôt.
Pour la durée de trois ans, la comparaison est directe : le taux indicatif a gagné 0,37 point de pourcentage en un trimestre. Pour les durées de cinq et de dix ans, la dépêche ne donne pas le niveau de fin juin ; l'ampleur exacte de leur hausse sur le trimestre n'est donc pas disponible dans nos sources. Elle précise en revanche que les taux indicatifs à dix ans, désormais supérieurs à 2 %, n'avaient plus été aussi élevés depuis mars 2025.
Les chiffres de fin septembre dessinent aussi une hiérarchie claire : plus la durée de fixation est longue, plus le taux indicatif est élevé, de 1,75 % sur trois ans à 2,07 % sur dix ans.
Le marché des capitaux plutôt que la politique monétaire
Le point le plus instructif de cette publication tient au contexte. Ce renchérissement intervient alors que la Banque nationale suisse (BNS) maintient son taux directeur à 0 %. Selon la dépêche, la hausse des taux à l'étranger se répercute de plus en plus sur le marché suisse des capitaux, et c'est ce mouvement qui pèse sur le coût auquel les banques se refinancent.
Dirk Renkert, expert financier cité dans le communiqué, le formule ainsi : « C'est pourquoi les hypothèques à taux fixe deviennent plus chères, même si la BNS maintient son taux directeur à 0 %. » Autrement dit, selon cette lecture, le prix d'une hypothèque à taux fixe peut monter sans que la banque centrale ne modifie sa politique.
Une BNS sans urgence, mais un resserrement jugé plus probable
Sur l'évolution à venir, Dirk Renkert livre une appréciation nuancée : « À court terme, l'inflation restant faible, la Banque nationale suisse ne devrait pas être particulièrement pressée de relever ses taux. Toutefois, les perspectives économiques plus favorables, la faiblesse du franc et la hausse des prix de l'énergie ont accru la probabilité d'un resserrement de la politique monétaire. »
Il faut distinguer ici le chiffre publié de l'interprétation. Les taux indicatifs de fin septembre sont des données mesurées ; la probabilité d'un resserrement monétaire relève de l'analyse d'un expert. La dépêche ne fait état d'aucune décision ni d'aucune communication de la BNS à ce sujet, et elle ne chiffre ni l'inflation, ni l'évolution du franc, ni celle des prix de l'énergie évoquées. Les propos cités sont traduits de la version anglaise de la dépêche.
Ce que cela change pour les ménages
Pour un ménage dont l'hypothèque à taux fixe arrive à échéance, ou qui finance un achat, le taux obtenu dépend du niveau du marché au moment de la conclusion. Une hausse du taux indicatif signifie, à montant et à durée identiques, une charge d'intérêts plus lourde que celle qu'aurait permis le niveau du trimestre précédent. Le surcoût réel dépend toutefois du montant emprunté, de la durée choisie et des conditions propres à chaque dossier.
Il convient aussi de rappeler la nature de ces chiffres : un taux indicatif est une moyenne établie sur un échantillon de banques. Il donne une tendance, pas le taux qu'obtiendra un emprunteur donné. Les offres individuelles peuvent s'en écarter, à la hausse comme à la baisse.
Enfin, l'écart entre les durées, tel qu'il apparaît à fin septembre, traduit l'état du marché à une date précise. Cet article ne constitue pas une recommandation sur le choix d'une durée ou d'un type de financement : celui-ci dépend de la situation de chaque ménage et des perspectives de taux, qui restent incertaines.
Ce que les sources ne disent pas
Plusieurs éléments utiles à une lecture complète ne figurent pas dans la dépêche. Elle ne fournit aucune donnée sur l'évolution des prix de l'immobilier au cours de la même période ; le lien entre ce renchérissement du crédit et le marché immobilier ne peut donc pas être documenté ici. De manière générale, le coût du financement n'est qu'un des paramètres de l'accès à la propriété, à côté du prix des biens eux-mêmes.
La dépêche porte par ailleurs uniquement sur les hypothèques à taux fixe ; elle ne dit rien des autres formes de financement. Elle ne contient pas non plus de prévision chiffrée sur l'évolution des taux hypothécaires au quatrième trimestre.




