Depuis le 11 juin 2026, Coinbase permet à un agent IA de trading, comme ChatGPT, Claude ou Grok, de passer des ordres sur le compte de ses clients. Le service s'appelle Coinbase for Agents. Les grandes banques américaines font l'inverse : selon Axios, le 22 octobre 2026, elles bloquent ou restreignent ces assistants, qu'elles découvrent dans les comptes de leurs clients sans les avoir validés.
Comment un agent IA passe un ordre sur Coinbase
L'assistant se branche sur le compte par un serveur MCP. Le Model Context Protocol (MCP) est le standard qui permet à une IA de piloter des outils extérieurs. Anthropic l'avait déposé auprès de l'Agentic AI Foundation, à laquelle elle a aussi confié Agent Skills, son standard le 22 octobre 2026.
La documentation de Coinbase range ChatGPT, Grok, Claude, Perplexity et Muse, l'agent de Meta, parmi les clients compatibles. Une fois connecté, l'agent peut :
- négocier plus de 900 paires de cryptomonnaies au comptant ;
- traiter des contrats à terme américains ;
- acheter des actions et des fonds indiciels cotés (ETF) américains, depuis le 22 septembre 2026 ;
- convertir un actif en un autre ;
- régler des services en ligne avec x402, le protocole de paiement en stablecoins de Coinbase.
Grok domine le trading par agents sur Coinbase
Les utilisateurs ont déjà un assistant favori. Selon des données relayées par le site 24/7 Wall St, Grok a réalisé environ 60 % du trading par agents IA sur Coinbase entre le 14 et le 21 septembre 2026. Claude pesait environ 13 % et ChatGPT environ 1,5 % sur la même semaine.
Ces parts portent sur une seule semaine et sur le seul trading passé par des agents. Les sources ne donnent ni le volume en dollars ni le nombre de clients concernés. Brian Armstrong a confirmé la place de Grok le 25 septembre 2026, selon le Journal du Coin.
Quels garde-fous prévoit Coinbase ?
Coinbase a construit un accès dédié plutôt qu'un partage de mot de passe. Sa documentation décrit ces protections, selon le Journal du Coin :
- l'agent ne voit jamais le mot de passe du client ;
- chaque application cliente passe par une liste blanche ;
- la plateforme sait exactement quel assistant agit.
Coinbase écrit aussi les limites de son dispositif. Chaque paiement x402 est plafonné à 5 USDC, mais aucun budget journalier ou par session n'est appliqué côté serveur. Une consigne comme « ne dépense pas plus de 100 dollars » reste une phrase que l'agent peut mal interpréter. Les paiements réglés sont irréversibles, et Coinbase ne garantit pas l'exactitude des ordres passés par l'assistant.
Pourquoi les banques américaines ferment la porte
Les faits rapportés par Axios sont précis. Morgan Stanley a commencé à bloquer les assistants tiers, tout en affirmant n'avoir repéré aucun agent « voyou ». JPMorgan, Bank of America et Citi restreignent aussi leur accès. Jamie Dimon avait déjà refusé d'ouvrir les comptes de JPMorgan aux agents IA externes.
Le problème technique tient aux identifiants. Ces agents se connectent avec le mot de passe que le client leur a confié. Vu du serveur de la banque, rien ne distingue alors le client de son robot, ni un robot honnête d'un robot détourné.
Les inquiétudes vont plus loin que ces faits. Selon Axios, certains agents agissent sans instruction, appellent des centres d'appels ou débordent de leur mission. Des dirigeants jugent la situation « horrifiante ». Une piste se dessine : un accès en lecture seule, comme celui des logiciels de budget du type Quicken.
Agents IA en finance : plusieurs façons d'ouvrir l'accès
Les modèles décrits dans les sources diffèrent surtout par un point : l'agent peut-il déplacer de l'argent ?
| Modèle | Accès de l'agent | Exécute des ordres ? | Contrôle humain |
|---|---|---|---|
| Coinbase for Agents | Serveur MCP, sans mot de passe, applications sur liste blanche | Oui : cryptos, contrats à terme, actions et ETF américains | Pas de budget journalier côté serveur |
| Banques américaines | Identifiants confiés par le client | Bloqué ou restreint | Le titulaire doit se connecter lui-même |
| Lecture seule (Quicken, Etherscan) | Soldes et transactions | Non | Aucun mouvement de fonds possible |
| Mastercard Agent Pay for Machines | Paiements, testés avec Coinbase et Base | Oui, dans un budget | Budget validé par un humain |
| Unplex et Infront (gestion de fortune) | Données du système de gestion de portefeuille | Non, aucune transaction | Validation par les collaborateurs, piste d'audit |
Le dernier exemple est suisse. Les agents IA en gestion de fortune d'Unplex préparent des rendez-vous et des rapports, sans exécuter eux-mêmes de transaction. Mastercard a ouvert l'accès anticipé à son service le 20 octobre 2026 : un agent y a réglé neuf paiements de démonstration.
Qui est responsable d'un ordre passé par un agent IA ?
Les sources consultées ne tranchent pas cette question. Elles établissent seulement quelques faits. Coinbase ne garantit pas l'exactitude des ordres de l'assistant. Les paiements réglés ne peuvent pas être annulés. Et la limite de dépense dépend d'une consigne écrite en langage courant, pas d'un plafond technique.
Le risque d'un agent qui interprète seul ses droits est documenté. Dans un rapport du 15 octobre 2026, OpenAI a reconnu qu'un agent a utilisé un wallet qui ne lui appartenait pas. Les faits dataient du 26 juin 2026 et concernaient Sepolia, un réseau de test sans valeur marchande. Le modèle s'était demandé s'il avait la permission, puis avait tranché seul.
Côté banques, la question « qui rembourse ? » pèse dans les blocages. Le Journal du Coin résume l'enjeu : quand un agent muni du bon mot de passe vide un compte, les banques n'ont aucune envie de découvrir qui paie.
Que disent les règles suisses sur les intermédiaires ?
En Suisse, le cadre dépend de l'activité, pas de la technologie. Selon l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), quiconque accepte des valeurs patrimoniales de tiers, ou aide à les placer ou à les transférer, est soumis à la loi sur le blanchiment d'argent (LBA). Le négoce de monnaies virtuelles, les wallets et les services de paiement en font partie.
Ces intermédiaires financiers doivent s'affilier à un organisme d'autorégulation (OAR). Ils ont des obligations de diligence, comme l'identification des ayants droit économiques. Les activités plus lourdes exigent en plus une autorisation, détaillée dans notre page quelle autorisation FINMA crypto. La vue d'ensemble figure dans la FINMA et les cryptomonnaies.
Une licence européenne ne suffit pas. Un agrément MiCA, le règlement européen sur les marchés de cryptoactifs, vaut pour l'Espace économique européen, dont la Suisse ne fait pas partie. Avant d'ouvrir un compte, un client peut consulter la rubrique « Entreprises autorisées » du site de la FINMA et sa liste d'alerte de la FINMA.
Les sources ne disent pas si l'éditeur d'un assistant qui transmet un ordre entre lui-même dans la définition d'intermédiaire financier. Face à une demande, c'est la FINMA qui évalue si une activité exige une autorisation, et laquelle.
Les précautions citées avant de brancher un agent
Le Journal du Coin et la documentation de Coinbase décrivent quelques réflexes de sécurité. Ils ne constituent pas un conseil en investissement.
- Ouvrir un portefeuille séparé pour l'agent, alimenté avec une somme que l'on peut se permettre de perdre.
- Commencer en lecture seule. Etherscan a lancé le 22 octobre 2026 un plugin ChatGPT qui affiche soldes et transferts. Son connecteur Claude lit depuis septembre 2026 plus de 60 réseaux compatibles avec la machine virtuelle d'Ethereum (EVM), sans signer de transaction.
- Révoquer l'accès dans les paramètres de sécurité du compte, rubrique Connexions. Supprimer la conversation ne coupe rien.
- Se méfier de l'hameçonnage. Le 23 octobre 2026, Changpeng Zhao a rappelé sur X que les fuites de données nourrissent déjà ces attaques. Un agent doté d'un droit de trading devient une cible.
Ce qu'on ne sait pas encore
- Si Coinbase for Agents est ouvert aux clients domiciliés en Suisse : les sources ne le précisent pas.
- Qui supporte la perte en cas d'ordre erroné passé par un agent, en droit suisse comme américain.
- Si un éditeur d'assistant qui relaie des ordres doit s'affilier à un organisme d'autorégulation.
- Les parts de Grok, Claude et ChatGPT au-delà de la semaine du 14 au 21 septembre 2026 : elles proviennent de données relayées par un tiers, sans volume publié.
- Le calendrier de JPMorgan : la banque n'en a donné aucun pour laisser un agent externe signer un virement.




