Zenith, la manufacture horlogère du Locle propriété du groupe de luxe français LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy), a ouvert une consultation de son personnel en vue d'un possible licenciement collectif. Un porte-parole a confirmé l'information, publiée par Le Temps, le 23 octobre 2026. Selon des sources internes citées par l'agence AWP, environ 200 postes seraient menacés, dont une centaine au Locle. La marque voudrait ajuster sa production à la demande réelle.
Ce que l'on sait de la consultation chez Zenith au Locle
La direction de Zenith confirme la consultation, mais rien de plus. Selon la dépêche de Keystone-ATS reprise par Swissinfo, le porte-parole a précisé qu'aucune autre information ne serait donnée à ce stade.
Les chiffres en circulation ne viennent donc pas de l'entreprise. Des sources internes, interrogées par AWP, évoquent une centaine de postes menacés au Locle. Une centaine d'autres le seraient à l'étranger, dans le réseau de distribution. Le total avoisinerait ainsi 200 emplois. Il s'agit d'estimations rapportées, pas d'un bilan officiel.
Le licenciement collectif reste, à ce stade, une possibilité. La consultation du personnel est ouverte en vue de suppressions éventuelles, et aucune décision n'a été annoncée.
Pourquoi Zenith veut réduire la voilure
Le motif avancé est l'alignement des volumes de production sur la demande réelle. Après la reprise qui a suivi la pandémie, la marque aurait enregistré des pertes d'année en année. Cela malgré la bonne tenue de certaines collections, selon les mêmes sources.
Trois facteurs extérieurs sont cités : le franc fort, les droits de douane américains et les tensions géopolitiques internationales. S'y ajoute un problème de structure. La taille des activités industrielles et commerciales serait excessive au regard des besoins actuels.
La réponse prêtée à Zenith est un recentrage. La marque entendrait miser davantage sur l'horlogerie d'ultra-luxe.
Une vente par LVMH à nouveau écartée
La santé financière de Zenith fait parler d'elle depuis le début de l'année. En janvier 2026, des rumeurs avaient prêté à LVMH l'intention de céder la marque. Le groupe français les avait fermement démenties. La source citée par AWP exclut elle aussi tout projet de vente.
Des exportations horlogères en hausse : un paradoxe apparent
L'annonce tombe alors que les chiffres d'ensemble de la branche progressent. Selon la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), les exportations de montres de septembre 2026 prolongent la hausse entamée en juin. 2clics a détaillé ces données dans son article sur les exportations horlogères de septembre.
Sur le troisième trimestre, l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) chiffre les exportations horlogères à 6,7 milliards de francs, en hausse de 4,7 %. Le détail par marché, publié par la FH pour le seul mois de septembre, nuance toutefois ce tableau.
| Marché | Variation des exportations horlogères, septembre 2026 |
|---|---|
| États-Unis | +85,7 % (effet de base, selon la FH) |
| Union européenne | +15,5 % |
| Japon | +12,3 % |
| Hong Kong | +3,0 % |
| Royaume-Uni | −5,2 % |
| Singapour | −8,3 % |
| Émirats arabes unis | −9,0 % |
| Chine | −14,2 % |
Ces chiffres se prêtent à deux lectures. La première est favorable : la branche se redresse depuis juin, et Jean-Philippe Bertschy, analyste à la banque Vontobel, relève les premiers signes de renouvellement des commandes chez les fournisseurs. Il y voit un possible regain de confiance des marques.
La seconde lecture est prudente. La FH attribue le bond vers les États-Unis à une période de comparaison très faible. Ce chiffre ne mesure donc pas une reprise durable de la demande américaine. Elle appelle aussi à la prudence sur la France (+128,2 %), où des flux pourraient avoir été déplacés depuis d'autres pays. Bertschy juge lui-même que ces données « incitent tout de même à la prudence ».
Le très haut de gamme tire la croissance, pas toutes les marques
Le cas de Zenith s'inscrit dans une branche de plus en plus polarisée. Selon un article de Swissinfo du 8 septembre 2026, les garde-temps d'ultra-luxe représentent les trois quarts de la croissance du secteur. Bertschy table de son côté sur une divergence entre les grandes maisons horlogères et l'ensemble du marché.
Une hausse des exportations totales peut donc coexister avec des pertes dans une marque donnée. En septembre, les montres de plus de 3000 francs à l'export ont progressé de 9,9 % et contribué nettement à la hausse globale. Le recentrage de Zenith sur l'ultra-luxe vise ce segment.
Ce que ça change pour l'emploi dans l'horlogerie suisse
Pour les salariés du Locle, rien n'est encore tranché. La consultation précède toute décision, et ni le nombre final de suppressions ni leur calendrier ne sont connus.
Pour les fournisseurs de la branche, les signaux restent contrastés. Les commandes semblent repartir selon Vontobel, mais une marque comme Zenith veut ajuster ses volumes à la demande réelle. La reprise des exportations ne garantit donc pas le maintien de l'emploi dans chaque entreprise.
Dans la même ville, 2clics a déjà consacré un article à l'emploi chez Montblanc au Locle.
Ce qu'on ne sait pas encore
- Le nombre exact de postes supprimés et leur répartition entre production, administration et distribution.
- Le calendrier de la consultation et la date d'éventuelles décisions.
- L'existence et le contenu d'un plan social.
- Les pays touchés dans le réseau de distribution à l'étranger.
- L'effectif total de Zenith au Locle, que les sources ne précisent pas.
- L'ampleur des pertes de la marque : aucun chiffre n'a été publié.




