L'Association suisse des employés de banque (ASEB) estime qu'un départ d'UBS pourrait coûter 10 000 à 12 000 des 34 000 postes de la banque en Suisse. Elle l'écrit dans une lettre à une commission parlementaire, rapportée par la NZZ am Sonntag et Reuters, puis par finews.ch le 26 octobre 2026. Elle y demande un compromis sur le durcissement des règles too big to fail et des fonds propres d'UBS. Ce chiffre décrit un scénario, pas un constat.

Selon finews.ch, l'association de personnel soutient ainsi la position d'UBS dans le débat. Elle juge qu'un durcissement des exigences de fonds propres remettrait en question la présence de la banque en Suisse.

Que dit la lettre de l'ASEB ?

La lettre est adressée aux membres de la commission de l'économie et des redevances (CER) qui examine le dossier. L'ASEB y réclame un « compromis viable » sur la question des fonds propres.

Elle avance un argument de fond : « Un départ, une vente ou une fusion d'UBS est réclamé par des investisseurs et n'est pas exclu par la banque. » Une telle issue aurait, selon elle, des conséquences lourdes pour la place financière suisse et pour le personnel.

Son président, Michael von Felten, pointe un manque : « Les conséquences sur l'emploi n'ont pas été étudiées à ce jour. » Il rappelle que les études commandées par la Confédération citent pourtant des suppressions de postes et un transfert du siège comme réactions possibles de la banque.

Que représentent 10 000 à 12 000 postes ?

Le chiffre de l'ASEB correspond à environ un tiers des 34 000 emplois d'UBS en Suisse. Il viendrait s'ajouter aux suppressions de postes déjà en cours, selon finews.ch et Fintechnews Switzerland.

Ces ordres de grandeur ne sont pas de même nature. Certains sont des constats, d'autres une annonce, et le dernier un scénario.

ChiffreCe qu'il mesureNature
34 000 postesEffectif actuel d'UBS en SuisseConstat
Environ 20 000 postesSuppressions dans le monde depuis la reprise de Credit Suisse en 2023Constat
Environ 3 000 postesCoût de la fusion en Suisse, selon le directeur général Sergio ErmottiAnnonce de la banque
10 000 à 12 000 postesPertes possibles en Suisse en cas de départ d'UBS, selon l'ASEBScénario

Les sources ne précisent pas comment l'ASEB a calculé sa fourchette. Elles ne disent pas non plus sur quelle période ces pertes se produiraient.

Où en est le débat sur les fonds propres d'UBS ?

Le débat porte sur les règles « too big to fail », qui visent les banques d'importance systémique. La Suisse envisage de les durcir depuis la reprise de Credit Suisse par UBS en 2023.

Le point sensible concerne les filiales étrangères de la banque. En septembre 2026, la Chambre haute a soutenu une version qui exigerait de les couvrir à 90 % par des fonds propres de la meilleure qualité. UBS estime que cette version ajouterait environ 16 milliards de dollars à ses fonds propres de base.

Selon Fintechnews Switzerland, c'est désormais une commission de la Chambre basse qui pèse le montant de fonds propres exigé pour les activités à l'étranger. Sergio Ermotti s'oppose aux règles plus strictes votées par la Chambre haute.

La lettre de l'ASEB prolonge une information parue mi-octobre. Selon le Wall Street Journal, UBS étudierait des plans de repli, jusqu'au transfert de son siège à l'étranger. Ni UBS ni Reuters n'ont confirmé cette information.

L'autorité de surveillance reste en retrait de cet arbitrage. Son directeur, Stefan Walter, rappelle que la compétitivité ne figure pas dans le mandat de la FINMA, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers.

Quelles conséquences pour l'emploi bancaire en Suisse ?

Pour les suppressions déjà annoncées, UBS dit étaler les départs sur plusieurs années. Elle passe surtout par les départs naturels, les retraites anticipées et les mutations internes.

  • Les collaborateurs concernés entrent dans un programme de coaching.
  • Selon l'âge, leur délai de congé peut être prolongé jusqu'à 12 mois.

Les lectures divergent sur la capacité du marché à absorber ces départs. Klaus Biermann, associé du cabinet de recrutement Biermann Neff, rappelle que les banques payaient bien, autrefois, même des banquiers moyens. Il voit peu de chances de nouveaux emplois pour ce groupe, et encore moins aux anciennes conditions.

Christian Bretscher, président de l'Association zurichoise des banques, ne s'attend pas à une vague de banquiers au chômage. Selon lui, le programme de coaching amortit le choc, même si des cas difficiles surviendront toujours.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • La méthode et l'horizon de temps du chiffre de 10 000 à 12 000 postes.
  • Le contenu des études commandées par la Confédération, que les sources ne détaillent pas.
  • Le calendrier du vote de la seconde chambre et l'entrée en vigueur des nouvelles règles.
  • La position officielle d'UBS sur un départ, une vente ou une fusion, que la banque n'exclut pas selon l'ASEB.

Sources