Les frais TWINT d'un commerçant ne figurent pas dans les sources consultées : la page d'accueil de TWINT, l'application suisse de paiement mobile, n'affiche aucun tarif pour les commerces. Le commerçant reçoit aujourd'hui une seule commission, qui regroupe plusieurs frais. Un projet du Conseil fédéral, en consultation jusqu'au 11 février 2027, obligerait les prestataires à en détailler trois, selon Fintechnews Switzerland le 29 octobre 2026.

Cette page traite du seul coût d'encaissement pour un commerce. Le fonctionnement de l'application côté client, l'installation et la sécurité sont décrits dans notre page sur comment fonctionne TWINT.

Combien coûte un paiement TWINT pour un commerçant ?

Aucun tarif officiel de TWINT n'est disponible dans les sources consultées. La page twint.ch destinée aux clients privés, lue le 28 octobre 2026, ne mentionne aucun prix pour les commerces. Elle indique seulement que l'application est gratuite au téléchargement pour l'utilisateur.

Le seul repère chiffré vient d'un autre acteur du marché. Selon les ordres de grandeur publiés par PimPay, une solution romande de paiement lancée en juillet 2026, un paiement par carte ou par mobile coûte en général 1 % à 3 % du montant à un commerce indépendant. Le terminal n'est pas compris dans cette fourchette.

Sur un achat de 100 francs, cela représente donc 1 à 3 francs de frais. PimPay chiffre la charge totale à 1'000 francs par mois en moyenne pour un commerce indépendant. Ces chiffres couvrent la carte et le paiement mobile dans leur ensemble : ils ne disent pas ce que TWINT facture lui-même.

Un point mérite l'attention des petits commerces. Selon PimPay, les tarifs baissent avec le volume : les plus petits paient donc, en proportion, le plus cher.

Quels frais se cachent dans la commission du commerçant ?

Un paiement TWINT ou par carte passe par un système à plusieurs parties. C'est le cas de la plupart des paiements sans espèces en Suisse, selon le résumé du projet publié par Fintechnews Switzerland. Visa, Mastercard et TWINT fonctionnent sur ce modèle.

Chaque paiement porte plusieurs frais. Le prestataire qui encaisse pour le commerce les reporte ensuite sur lui en une seule commission, appelée en anglais « merchant service charge ». Le commerçant voit donc un total, sans savoir quelle part revient à qui.

Le projet du Conseil fédéral nomme trois frais à distinguer :

  • la commission du commerçant, soit le prix total facturé au commerce ;
  • la commission d'interchange, l'un des frais compris dans ce total ;
  • la redevance de licence versée à l'exploitant du système de paiement, par exemple TWINT ou un réseau de cartes.

À ces frais par paiement s'ajoute, pour la carte, le coût du terminal, que la fourchette de 1 % à 3 % ne comprend pas, selon PimPay.

Comment comparer les frais TWINT et les frais de carte ?

Comparer reste difficile sans tarifs accessibles. Un commerçant peut toutefois poser les mêmes questions à chaque prestataire, pour TWINT comme pour les cartes :

  • le pourcentage prélevé sur chaque paiement, et s'il baisse avec le volume ;
  • les frais fixes : terminal, abonnement ou location ;
  • la durée du contrat et les conditions de résiliation ;
  • le délai de versement de l'argent encaissé.

Des modèles sans commission existent aussi. PimPay, par exemple, remplace le pourcentage par un abonnement de 0 à 29 francs par mois, sans engagement, avec un encaissement par code QR. Notre article sur le paiement sans commission PimPay détaille ce modèle et ses limites.

Le calcul publié dans cet article donne un ordre de grandeur. À 1 % de commission, l'abonnement maximal de 29 francs équivaut aux frais sur 2'900 francs de paiements. À 3 %, il équivaut aux frais sur un peu moins de 1'000 francs. L'économie réelle dépend de la part des clients qui changent de moyen de paiement.

Le poids de ces frais grandit à mesure que les espèces reculent. Selon la Banque nationale suisse (BNS), citée par PimPay, leur part est passée en moins de dix ans de sept paiements sur dix à environ un tiers. Côté acceptation, TWINT affirme sur son site que 4 magasins sur 5 et plus de 84 % des boutiques en ligne en Suisse l'acceptent.

Que changerait le projet du Conseil fédéral sur la LCD ?

Le Conseil fédéral a ouvert une consultation sur la transparence des frais de carte et de TWINT. Le projet modifie la loi fédérale contre la concurrence déloyale (LCD). Il répond à un mandat du Parlement, selon Fintechnews Switzerland.

Il met en œuvre la motion 25.3020, déposée par une commission du Conseil des États pour alléger la charge des petites et moyennes entreprises (PME). Le périmètre visé est celui des systèmes de paiement à plusieurs parties, cartes et TWINT compris.

PointAujourd'huiSelon le projet en consultation
Ce que voit le commerçantUne seule commission globaleTrois frais affichés séparément
Frais détaillésUn seul montant globalCommission du commerçant, commission d'interchange, redevance de licence de l'exploitant
Moment de l'informationNon précisé par les sourcesAvant la signature du contrat et pendant toute sa durée

Il s'agit d'un projet. Le texte peut encore changer après la consultation, qui court jusqu'au 11 février 2027. Aucune date d'entrée en vigueur n'est annoncée.

Pourquoi le Conseil fédéral reste-t-il réservé ?

Le gouvernement présente le projet sans en être convaincu. Selon lui, un détail clair des frais aiderait les commerçants à suivre leurs coûts et à comparer les offres.

Le Conseil fédéral estime toutefois que des prix totaux transparents suffisent en principe à une concurrence efficace. Il juge que les nouvelles obligations créeraient du travail administratif pour les prestataires. Leur bénéfice pour la concurrence n'est pas clairement démontré, ajoute-t-il.

Il a donc gardé des règles aussi légères que possible, tout en répondant à la demande du Parlement. Ce choix limite la portée du texte : il impose d'afficher les frais, pas de les baisser.

Ce que cela change pour une PME suisse

Pour une PME, le projet ne réduirait pas directement la facture. Il lui donnerait de quoi négocier : en voyant la part de la commission d'interchange et de la redevance de licence, elle saurait ce que le prestataire ajoute lui-même.

Le dossier est politique depuis plusieurs mois. La Swiss Retail Federation, organisation du commerce de détail, a dénoncé les commissions à la Commission de la concurrence (COMCO) en juillet 2025, comme l'a rapporté 2clics. Une motion sur le sujet a été débattue au Conseil des États en juin 2026. Les sources ne précisent pas s'il s'agit de la motion 25.3020.

D'ici l'entrée en vigueur éventuelle de nouvelles règles, le commerçant peut déjà demander le détail des frais à son prestataire. Le projet vise justement à rendre ce détail obligatoire. D'autres solutions d'encaissement sont suivies dans la rubrique paiements et fintech suisses de 2clics.

Chiffres clés

  • 1 % à 3 % du montant : le coût habituel d'un paiement par carte ou par mobile pour un commerce indépendant, terminal non compris, selon PimPay ;
  • 1'000 francs par mois : la charge moyenne de ces frais pour un commerce indépendant, selon PimPay ;
  • 3 frais à détailler selon le projet du Conseil fédéral : commission du commerçant, commission d'interchange, redevance de licence ;
  • 11 février 2027 : la fin de la consultation sur la modification de la LCD ;
  • 25.3020 : le numéro de la motion que le projet met en œuvre ;
  • 4 magasins sur 5 et plus de 84 % des boutiques en ligne en Suisse acceptent TWINT, selon son site ;
  • environ un tiers : la part des espèces dans les paiements, contre sept sur dix moins de dix ans plus tôt, selon la BNS citée par PimPay.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • les tarifs que TWINT applique aux commerçants, et la part de la redevance de licence dans la commission ;
  • le montant des commissions d'interchange appliquées en Suisse ;
  • la forme exacte que prendrait l'affichage des trois frais pour les commerçants ;
  • la suite donnée à la dénonciation devant la COMCO ;
  • la suite du projet après la fin de la consultation, le 11 février 2027, et sa date d'entrée en vigueur éventuelle.

Sources